On a parlé de beaucoup de choses et je n'ai pas tout retenu, mais j'ai retrouvé les plus belles heures de ma vie dans ton sourire qui me racontait l'été, la mer, les nuits entières passées à reconstruire le monde sans qu'il n'en sache rien, la douceur de nos rires dans l'éclat des vagues et les folies qui nous prenaient. J'avais essayé d'apprendre à sourire comme ça. On avait tous les deux ouvert le champagne pour fêter mon échec sur toute la ligne qui marquait le début de quelque chose de nouveau. Il faut dire que j'avais sacrément merdé sur ce coup là, c'était à peu près le point culminant d'une série de débâcles qui me hantaient depuis tellement longtemps. Ce jour là j'ai pleuré , car essuyer un échec n'est jamais agréable, tenons le nous pour dit, mais quelque chose comme deux heures après je n'y pensais plus. Voilà c'était fini, j'avais tout raté. Maintenant c'était soit aller se noyer dans la mer soit aller jouer avec les enfants sur la plage, parce que tout ce qu'il me restait c'était leur sourire. On veut pas vieillir, ça aussi c'est toi qui me l'as dit. Parce qu'être adulte c'est nul, on essaie d'y remédier, même si toi t'as déjà une ride et des cheveux blancs. Tu me racontait des histoires incroyables, on voyageait partout en ouvrant la fenêtre, je n'ai jamais autant rêvé. Après t'es parti sans laisser aucune trace. Je n'ai pas résisté. J'ai essayé de continuer à vivre comme j'avais appris de toi, en espérant que le vent te porterai quelque part ou tu serais bien et moi de même. J'aurais jamais pensé en être ici aujourd'hui. C'est en partie grâce à toi tout ça, ma nouvelle vie et toutes ces chances. Quand tu m'as dit "on se reverra" j'en ai pas cru un seul mot et pourtant un an et demi après c'est toi que je vois tous les jours. C'est ton rire qui rythme les après-midis. Nos discussions qui me tiennent éveillée le soir. J'ai accompli beaucoup de chemin en un an et demi. J'ai grandi, j'ai connu de grandes peines, et vu se briser beaucoup d'espoir, je n'ai pas accompli grand chose de bien, mais j'ai essayé de rester intègre et de mériter tout le bonheur que j'ai pu recevoir par ailleurs. Celui d'avoir vécu, d'avoir connu ce que c'est que de se lever le matin en en ayant envie. J'ai tenté de me tracer une trajectoire avec laquelle tu aurais été d'accord. Pour autant t'es loin d'être un mec parfait mais t'es pas comme les autres. Je pense qu'on se reconnait un peu l'un dans l'autre parce qu'on est tous les deux paumés même si on est pas pareils mais qu'on tente de mener notre kayak quand même en plein milieu du lac. Sauf que moi, être perdue ça m'angoisse alors que toi ça commence à t'user. Je sais qu'un jour je me lèverai et tu ne seras plus là, sans avoir prévenu, comme d'habitude. Un jour t'auras une femme et des gosses et tu rentreras dans le droit chemin, et moi je serais toujours une gamine en plein dans la débrouille. Tu me parles déjà comme un papa alors que t'es presque un frère, tu me fais des morales pendant des heures, c'est vrai que je suis une gosse mais je fais ce que je peux pour apprendre le plus vite possible. Ca prend du temps de comprendre ses erreurs et d'arriver à la ténacité de ceux qui tentent de marcher droit. Parvenir à se mettre des oeillères pour ne pas détruire tout ce qu'on tente maladroitement de construire. Je te jure que j'essaie et je vais même jusqu'à faire des projets, mais quand tu me demandes pourquoi ça se passerai pas bien je te réponds qu'il y a toujours une marge d'erreur à la quelle on ne peut pas faire grand chose à part essayer de la diminuer au maximum. Je sais pas combien de temps ça va durer cette histoire, ni comment ça va se terminer, ni si on va continuer à marcher ensemble longtemps, mais c'est pas très important. Je sais que dans les nuits froides du bout de la France, sur une route que j'ai tracé par hasard, j'ai trouvé un vrai ami.
"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide
mercredi 2 octobre 2013
Les nuits froides du bout de la France
On a parlé de beaucoup de choses et je n'ai pas tout retenu, mais j'ai retrouvé les plus belles heures de ma vie dans ton sourire qui me racontait l'été, la mer, les nuits entières passées à reconstruire le monde sans qu'il n'en sache rien, la douceur de nos rires dans l'éclat des vagues et les folies qui nous prenaient. J'avais essayé d'apprendre à sourire comme ça. On avait tous les deux ouvert le champagne pour fêter mon échec sur toute la ligne qui marquait le début de quelque chose de nouveau. Il faut dire que j'avais sacrément merdé sur ce coup là, c'était à peu près le point culminant d'une série de débâcles qui me hantaient depuis tellement longtemps. Ce jour là j'ai pleuré , car essuyer un échec n'est jamais agréable, tenons le nous pour dit, mais quelque chose comme deux heures après je n'y pensais plus. Voilà c'était fini, j'avais tout raté. Maintenant c'était soit aller se noyer dans la mer soit aller jouer avec les enfants sur la plage, parce que tout ce qu'il me restait c'était leur sourire. On veut pas vieillir, ça aussi c'est toi qui me l'as dit. Parce qu'être adulte c'est nul, on essaie d'y remédier, même si toi t'as déjà une ride et des cheveux blancs. Tu me racontait des histoires incroyables, on voyageait partout en ouvrant la fenêtre, je n'ai jamais autant rêvé. Après t'es parti sans laisser aucune trace. Je n'ai pas résisté. J'ai essayé de continuer à vivre comme j'avais appris de toi, en espérant que le vent te porterai quelque part ou tu serais bien et moi de même. J'aurais jamais pensé en être ici aujourd'hui. C'est en partie grâce à toi tout ça, ma nouvelle vie et toutes ces chances. Quand tu m'as dit "on se reverra" j'en ai pas cru un seul mot et pourtant un an et demi après c'est toi que je vois tous les jours. C'est ton rire qui rythme les après-midis. Nos discussions qui me tiennent éveillée le soir. J'ai accompli beaucoup de chemin en un an et demi. J'ai grandi, j'ai connu de grandes peines, et vu se briser beaucoup d'espoir, je n'ai pas accompli grand chose de bien, mais j'ai essayé de rester intègre et de mériter tout le bonheur que j'ai pu recevoir par ailleurs. Celui d'avoir vécu, d'avoir connu ce que c'est que de se lever le matin en en ayant envie. J'ai tenté de me tracer une trajectoire avec laquelle tu aurais été d'accord. Pour autant t'es loin d'être un mec parfait mais t'es pas comme les autres. Je pense qu'on se reconnait un peu l'un dans l'autre parce qu'on est tous les deux paumés même si on est pas pareils mais qu'on tente de mener notre kayak quand même en plein milieu du lac. Sauf que moi, être perdue ça m'angoisse alors que toi ça commence à t'user. Je sais qu'un jour je me lèverai et tu ne seras plus là, sans avoir prévenu, comme d'habitude. Un jour t'auras une femme et des gosses et tu rentreras dans le droit chemin, et moi je serais toujours une gamine en plein dans la débrouille. Tu me parles déjà comme un papa alors que t'es presque un frère, tu me fais des morales pendant des heures, c'est vrai que je suis une gosse mais je fais ce que je peux pour apprendre le plus vite possible. Ca prend du temps de comprendre ses erreurs et d'arriver à la ténacité de ceux qui tentent de marcher droit. Parvenir à se mettre des oeillères pour ne pas détruire tout ce qu'on tente maladroitement de construire. Je te jure que j'essaie et je vais même jusqu'à faire des projets, mais quand tu me demandes pourquoi ça se passerai pas bien je te réponds qu'il y a toujours une marge d'erreur à la quelle on ne peut pas faire grand chose à part essayer de la diminuer au maximum. Je sais pas combien de temps ça va durer cette histoire, ni comment ça va se terminer, ni si on va continuer à marcher ensemble longtemps, mais c'est pas très important. Je sais que dans les nuits froides du bout de la France, sur une route que j'ai tracé par hasard, j'ai trouvé un vrai ami.
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