"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

jeudi 5 décembre 2013

Sainte tristesse




Cette période affreuse de l'année ou les jours diminuent de durée inlassablement est bientôt terminée cependant le froid s'accentue insidieusement, les rues semblent  si tristes partout ou je vais. Le soleil se couche tous les après-midis dans un ciel sanglant, flambant insolemment derrière des arbres nus et maigres, telle la lueur d'espoir qui s'éteint pour laisser place au doute et à l'obscurité tranchante de la nuit. J'ai roulé pendant des heures et des heures dans ce noir total en espérant pouvoir oublier la comédie insupportable des relations humaines qui me heurte en permanence, rêvant de l'amour comme guérison. Triste enfant idéaliste, à qui rien n'appartient, vagabonde au possible.

Je crois que l'on peut endurer beaucoup de choses très longtemps tant qu'un peu de merveilleux brille derrière et devant nous. Derrière car il faut l'avoir connu pour y croire, et devant car il faut perpétuer l'espoir de connaitre ce merveilleux à nouveau. Cependant quand le poids de nos erreurs vient souiller les souvenirs de cet absolu et rend impensable la possibilité que cela se reproduise à nouveau, tout ce que l'on subit depuis très longtemps sans desserrer les dents devient absurde à nouveau. Pourquoi se lever le matin ? Pour quoi faire ? Qui m'attends ? Tout est redevenu abscons, idiot, terne. Tous ces efforts que l'on déployait sans ciller du matin au soir, tout ça parce qu'on avait un but, ou plutôt quelque chose à quoi se raccrocher, paraissent désormais vains. J'ai le sentiment d'une grande dégringolade au sein d'un esprit désordonné, la réalité qui prend à nouveau ses droits et rappelle l'homme à sa condition fragile. Vivre se résume à subsister. La sérénité devient proscrite. Votre coeur vous tient lieu d'âme, et votre âme saigne comme un coeur.


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