"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

mardi 10 avril 2012

Délit de fuite - Chapitre 2




Mai 2011 _
 Elle ne dort pas. Et elle ne dormira plus parce qu'elle en a marre de se réveiller tous les matins et d'espérer que la veille était juste un rêve. Parlons en des rêves ou plutôt de ses cauchemars. Tout se dérègle, alors elle traîne dans les bars, imbibe sa gorge de vodka, elle écrit et crie la nuit :


 "Maintenant quand on me parle d'amour j'ai l'impression d'entendre des menaces. Tous les soirs je verse des larmes sur mon bureau, pendant que mes doigts courent sur le clavier, sans but, juste écrire. Je me réveille les yeux complètement brouillés, parce que la nuit tout s'agite. Tu me guettes au tournant, car j'ai beau te fuir toute la journée, tu réapparait dans mes rêves. Et de me faire une raison: nous ne serons jamais plus amis. J'aimerai balancer ta vie par la fenêtre ce soir, la briser comme ce que tu as fait de moi... Je ne t'aime plus à la vie à la haine. Mais je regarde encore les cicatrices quand je vais mal, et celà me rappelle que tes mains si douces m'ont laissés des séquelles terriblement profondes.

 On ne compte plus les coups, les bleus, les peines, la joie qui ne perce plus malgré ses tentatives, les passions envolées qui étaient censées me tenir compagnie. On ne retiendra que les pièces enfumées par nos trop grands excès, les feuilles immaculées devenir noires de délires angoissés, les voyages imaginaires dans tes vastes contrées, ou je me suis engagée impunément, au cœur de mes sentiments pas encore enterrés, tout ce que j'aurais préféré oublier. Ton parfum court sur mes vêtements éteints reflétants mes rêves fanés. Le doux tourment de ma faiblesse m'emporte. C'était seulement six mois. Six mois, tu vois, tu t'en vas, et si moi je n'en m'en remettait pas ? J’avais les yeux qui racontaient la vérité, la rancœur, la douleur… Qui parlaient d’amour en fait. De toi."

Elle s'allume un joint, défaille. Les neurones valsent. Elle entame son traitement psychiatrique dans quelques jours, ou bien c'est lui qui l'entamera. Antidépresseurs, dans les vapeurs d'alcool, au creux des renfoncements d’alcôves versaillaises. C'est pour son bien disent-ils. C'est pour son bien. 




PS : désolée pour le manque de nouveautés, tous mes articles récents (dont celui là) sont des anciens textes remaniés. Je n'ai rien écrit ou dessiné depuis bientôt trois semaines, je suis submergée de travail, Science po approche, je m'épuise sans résultats, car selon monsieur Milza je suis " la forteresse volante de l'Empire de la dissertation Science pallienne." Ca finira mal. 

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