Comment tu fais toi pour partir sans te retourner à chaque fois sans voir que moi je suis restée arrêtée à l'endroit ou tu m'as laissée cherchant désespérement ton regard, prète à me jeter à tes pieds. Si seulement une fois tu te retournai, tu me verrai, la les bras ballants et les yeux pleins de flotte, est ce que ça te ferai rester ? Est ce que c'est pour ça que tu ne te retournes jamais, parce que tu as peur de ne plus vouloir partir ? Ou est ce que c'est seulement pour te casser le plus loin possible de moi, tel le bourreau délaissant sa victime? Tu es la seule chose pour laquelle j'attend, la seule personne que je ne peut me résoudre à perdre, la dernière cause de mes insomnies. J'ai délaissé tout le monde, je suis partie sans dire au revoir, comme une voleuse, et d'ailleurs ils m'ont tous oubliés. Je reviens tel un fantôme, je traverse ces rues dans lesquelles j'ai vécu de nombreuses années, et je te cherche encore partout, à chaque détour. Toi tu ne me cherches pas, tu me donnes rendez-vous, sans haine ni hate, tu me donnes les nouvelles et tu repars silencieusement comme à chaque fois. Les autres survivent tranquilement dans la torpeur de l'été qui tente de s'installer. Leurs vies sont défaites, et je ne fais que leur rappeler de mauvais souvenirs. Mais je continue à revenir même si pour moi tout est fini, ou presque. J'ai encore de l'espoir tu comprends. L'espoir qu'un jour tu te retournes pour me regarder, et que tu ne partes pas.
Ca fait longtemps que je t'attend tu sais. De la patience quand il s'agit de toi j'en ai plein, mais ça use et tu le sais. Je voudrais arrêter de te mentir pour une fois et entendre ta réponse à tout ce que je garde en moi depuis trop longtemps. Je ne vois plus que deux possibilités. La première est presque inimaginable. Qu'on soit tous les deux sur la même longueur d'ondes et qu'on écrive à nouveau ensemble des lignes qui parlent de liberté et de révolution, ces mots qu'on aimait tant. La deuxième est ma préférée, une technique rodée depuis des dizaines d'années : la fuite. Ce que l'on a tenté de reconstruire est un échalas de faux-semblants, même si nos deux âmes liées restent les mêmes dans leur étreintes brèves qui n'existent quasiment plus que dans mon esprit. Il faut être deux pour se remettre au travail encore. Si tu persistes à me laisser seule, je serais obligée de partir. Et comme tu ne te retourneras pas tu ne pourras pas le voir. Il ne te resteras que les photos, les dessins et la tristesse que j'ai semé sur mon passage.
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