Est ce qu'on peut accuser l'alcool, la drogue, la chaleur ou la fatigue pour nos actes? Est ce qu'on avait besoin d'être bourrés pour faire ce qu'on a fait ? Disons le autrement, l'aurai t-on fait sobre ? Se réveiller le matin la tête en vrac, dans des draps sales en ayant mal au dos, sans aucun souvenir de la veille. Les doigts enchevêtrés dans d'autres qui ne sont pas ceux qu'on voulait. Parce qu'on s'est loupés sur toute la ligne, quand ceux qu'on aime sont à des centaines de kilomètres, on essaie de se trouver d'autres bras, d'autres bouches à aimer mais on a plus aucun espoir. C'est pas parce qu'on ne se deteste pas ou qu'on n'est pas amoureux qu'il y a de la place pour l'amitié. Et c'est comme ça qu'on reste vides, à force d'accueillir momentanément les âmes, sans leur faire de place réelle. Des grands garçons passent, piétinent un peu sur leur passage et déménagent aussitôt. Se confondre avec un autre l'espace d'un instant dans des étreintes brèves et décevantes, se permettre parfois d'y humilier des années d'amitié qui valaient bien mieux. Parce que c'est pas comme si on se contentait de dormir avec des inconnus, des gens de passage, sans blesser personne. Pour une caresse, un geste déplacé, on arrive à rabaisser ce qu'on construit depuis longtemps avec des êtres qu'on apprécie au rang de rapport désuni entre deux corps. Tant de pertes pour si peu, des grimaces gênées, des lendemains sans aveux... Et ça peut aller très loin. Car personne n'a de respect pour des gosses qui n'en ont pas pour eux mêmes et personne ne les aidera à en avoir. S'installe alors la censure qui use patiemment les consciences au point de les rendre honteuses d'elles-mêmes. On ne sait plus trop qui on est, partagés par trop de courants contraires. Les gens qu'on aimait ne nous aiment plus. Alors on continue à essayer de fuir. Mais c'est sans fin.
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