"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide
lundi 15 juillet 2013
Disparue, envolée, libre et triste...
"Reviens vite et heureux", elle lache ça dans un soupir. "S'il te plait, ne tombe pas amoureux de quelqu'un d'autre" dernier sursaut d'égoïsme avant de tourner le dos à un an de patient oscillement entre l'espoir et la crainte. De qui pourrait-il bien tomber amoureux ? Sans doute n'importe qui. Une fille jolie, marrante, qui s'appellerait Kelly ou Valentine, qui serait souriante et gentille. Une fille qui ne se mettrait pas à pleurer au bout de trois verres de vodka quasiment systématiquement. Une fille qui boirait de la bière et du café comme tout le monde, avec qui il pourrait aller au cinéma, parler de littérature et la présenter à ses amis. Une fille qui habiterait ici ou dans le bled à côté, pas une espèce de manouche sans toit, qui se ballade sac au dos, parfois pieds nus, qui n'a pas d'amares, pas d'attaches et qui peut disparaitre du jour au lendemain pendant plusieurs mois sans donner de nouvelles à personne... Pas une fille comme elle.
Il fait déjà jour à 5 heures quinze du matin. La ville est silencieuse. Elle est partie sur la pointe des pieds, dans un souffle, sans réveiller personne. Dans quelques heures, au réveil, qui sait peut-être que quelqu'un s'inquiétera. Peut-être lui sera t-il reconnaissant tout de même de lui avoir épargné des adieux pénibles et douloureux, toujours décevants pour elle. Toujours tristes. Elle est partie également car il commencait à être tôt et elle ne voulait plus attendre. Constamment portée par un flot de courants contradictoires, elle était toujours en perspective de fuite et ne savait pas patienter.
"Mais toi je t'attends pourtant...Et ça fait un an. Sauf qu'aujourd'hui tu vois, je n'ai plus vraiment le temps de t'attendre. Attendre c'est bien quand il y a de l'espoir, sinon ça ne sert à rien. Toi tu n'en as jamais eu, moi je n'en ai plus, alors à quoi bon ? Je crois que l'amour nous met des œillères. Enfin "nous"...façon de parler. En me voilant les yeux j'ai accepté pas mal de choses sans broncher. Parce que je t'aime et que j'ai promis que je serais toujours là pour toi. Mais est ce que ça compte ça maintenant? Et puis est ce que ça t'aide vraiment que je sois toujours là pour regonfler ton ego quand tu en as besoin? C'est rassurant de savoir que quoi qu'il arrive et quoi que l'on fasse, une personne nous aimera toujours inconditionnellement Et c'est exactement pour ça qu'on se permet de dépasser les limites. Mais regarde moi, si tu arrives à de détacher de ton reflet espèce de prétentieux, regarde moi un peu. Les limites arrivent. Je suis brisée, je n'en peut plus. Loin de toi je suis emplie de nostalgie mais en ta présence je suis triste. Tes gestes sans précaution, des sautes d'humeur, tes regards qui s'en foutent, et mes yeux qui disent "aime moi un peu" dans une larme que tu n’apercevras sans doute pas. Je n'ai jamais compris pourquoi tu avais voulu me garder auprès de toi. Tu disais qu'on ne serait jamais amis, qu'on était pas fait pour ça mais pourtant tu ne voulais pas me lâcher complètement, définitivement... Aujourd'hui je commence à me dire que ce n'est qu'une autre facette de ton égoisme. Et petit à petit je crois que tu es en train de me perdre. Je suis libre après tout. Triste, mais libre. Tu ne m'aimes plus. Je m'en vais."
Elle s'avance sans bruit dans la jungle urbaine qui se réveille calmement. Le ciel est encore un peu rose. Que se dira t-il en découvrant ses draps vides ? Disparue, envolée...
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