"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

vendredi 1 juin 2012

La peur et la haine

De ses doigts il essuie les sanglots sur ses joues,
Il soigne sans suture, il efface les coups
Qu'il a lui même porté,
De sang froid,
Il s'en fout.

Le rimel dévale de ses cils
Tous les soirs depuis des mois
Ca va, ca vient, ca empire,
Pourtant elle reste là
Debout, face à la main qui la caresse, qui la claque,
A genoux, devant celui qu'elle aime et qui la frappe.

Elle maquille son oeil, farde de noir son cocard,
Dans un élan de douleur, brise son miroir
Pour sept ans de malheur et une vie de cauchemar.
Elle coupe ses cheveux noirs,
Qu'il lui a trop tiré,
Mais toujours, venu le soir
S'en va le retrouver.

Car l'amour pardonne tout.

lundi 28 mai 2012

C'est l'histoire d'un koala

Danseuse


Je sais pas.
Le koala d'Alexandre m'observe sur le mur en face de moi. Je l'ai enfin obtenu ce foutu koala. Ça faisait un an que je le voulais, depuis que Alexandre s'était mis à la peinture et avait peint ce koala. Mais j'en ai bavé pour l'obtenir, hein, parce que un coup il était réservé pour quelqu'un d'autre (une fille avec qui il voulait baiser sans doute, bref), un coup je passais chez lui pour le prendre et Alexandre n'était pas là (ça arrive régulièrement) et puis pleins d'autres trucs. Bon l'autre jour j'étais chez lui et je me suis rappelé de l'existence du koala, Alexandre a ouvert sa vieille pochette à dessin et Gaétane me l'a enroulée en tube pour pas l’abîmer. Je me suis trimbalée chez la psy avec, et à la sortie évidemment il pleuvait.
Et maintenant il est accrochée au mur, au dessus de mon bureau. Joli koala.

Noé va même plus se coucher dans son lit, il s'allonge sur le sol, et il ouvre plus un oeil. Je sais qu'il est pas mort parce qu'il respire mais quand même. Fait chier. Puis mon père croit que je boit trop alors que je fais juste une grosse rechute. Enfin, "juste". J'ai pas envie de demander du réconfort. Ca sert à rien de compliquer ce qui est déjà mal foutu. J'oscille. C'est ça le mot. Enfin peut-être.
L'homme est un animal, j'entends. Du coup en enchaînant les cigarettes, je me demande ou est passé mon instinct de survie. Des allers-retours en scoot. Encore des cigarettes. Un cookie, un café, un chapitre d'histoire. Tout ça, avalé à la va-vite, pour être mieux recraché plus tard, et pour ne pas être à la bourre.
J'entends la "moi"-gosse qui hurle de chagrin tous les soirs, quand ma mère me repousse, quand ma soeur m'insulte, et des personnes qui s'interessent à moi pour les mauvaises raisons m'ignorent, de lassitude. L'an dernier je passais mon oral de bac d'anglais, puis mon père prenait 60 balais très loin de la maison. Il est revenu depuis, et tout est passé tellement vite.
A quoi ça tient? un sourire, un coup de fil, en pleine écriture de son drame, de l'herbe, une chanson, mais pas n'importe la quelle. Non. Ce serait trop facile. Mais si tout pouvais l'être, si on pouvait desserrer ses doigts sans se tordre le poignet de douleur, si l'air de Paris remplaçait les bouffées de weed, si on avait toujours quelqu'un à frôler de la main à 4 heures du matin... Peut être que tout irait mieux, si c'était pas déjà le chaos.  Si on avait un plan de secours.
J'aimerais que quelqu'un comprennes, mais je n'ai pas envie de me raconter. Avoir à parler, encore. A expliquer aux gens qui on est et ce que l'on veut. Ils n'y comprennent jamais rien. Des fois comme ça, j'ai envie que ce soit l'hiver et qu'il fasses -5 degrés pour avoir une bonne raison de ne pas sortir. Mais non, avec 25 à l'ombre, je suis obligée de me traîner à l'extérieur, assurer le minimum syndical: une bise, deux sourires, trois cafés, quatres mots, cinq clopes. Et finalement rentrer, gober un calmant, faire un cauchemar, et relancer le compte à rebours jusqu'au prochain calmant.

Je ne sais toujours pas quoi dire d'intéressant.
J'aurais peut-être du m'en tenir au koala.



dimanche 27 mai 2012

Les chansons du dimanche


"J'voulais entretenir la flamme, j'ai tout foutu en cendres..."






Je ne comprends pas ce qui se passe, je ne comprend pas comment ni pourquoi ca marche.
Non, pourquoi ça ne marche pas.

Car dans le fond, ce n'est pas une si grande victoire que de gagner les larmes aux yeux. Je ne comprend pas pourquoi tout est allé si mal alors que je prétendais aller si bien. La tristesse et la fatigue s'alternent. Quand on est habitué à avoir quelqu'un qui nous aime quelque part quoi qu'il arrive, c'est drôlement dur de se battre quand plus personne ne nous aime nulle part.



Un hommage à Brel par Lucio Bukowski <3



"je jouis du privilège de pouvoir observer le chaos de monde de temps en temps" M. Milza

vendredi 25 mai 2012

"J'ai dormi 16 heures"

Noé aime bien ma peinture 


"Qui me porte ? -T'as le sol pour te porter!"
"comment voulez vous réussir un concours bac + 1 quand mentalement vous êtes des débiles à bac - 3 ?"
"Il s'en remettra."
"Comment elle va ta souris ? -C'est un rat."
"Raconte moi une blague"
"Vous êtes en prépa et vous ne travaillez pas ? Et en plus vous payez pour ne pas travailler ?"
"La plus belle!"
"Gandhi est un anorexique complétement allumé du bocal"
"Je me suis couché à 1 heure, mon réveil a sonné à 7 heures, je l'ai pas entendu, je me suis réveillé seulement à 17 heures...j'ai dormi 16 heures"
"Il faut renoncer à certaines choses, pour faire ses choix, et grandir."
"Un science pallien bien éduqué est capable de travailler pendant un tremblement de terre de force 7 sur l'échelle de Richter. "
"T'es pas vraiment une soeur pour moi... nan t'es plutôt comme un frère."
"si l'administration vous impose de faire trois tours de la salle topless avant de composer, ba si vous voulez faire votre compo, vous devrez le faire. "
"Ah lalala, on a encore trop bu"
"Tu vas leur montrer que tu es quelqu'un d'extraordinaire, même à moitié mort."
"Tu fais n'importe quoi."
"C'est une bonne aryenne Gabrielle. -Nan, c'est un homme. C'est un bon à rien."


J'ai pas envie de me justifier de quoi que ce soit. J'ai plus envie de me laisser emmerder par quoi que ce soit en dehors du travail. Maintenant c'est ma vie le travail. Alors quand je m'accorde des pauses, j'ai pas l'intention de les passer à faire autre chose que ce dont j'ai envie. 
D'ailleurs si j'ai envie de balancer des phrases entre guillemets sans organisation et sans préciser mes sources je le fais. J'aime bien retranscrire à l'écrit tout ce qui se dit à l'oral, les mots prennent plus de sens et je me rend compte à quel point il y a du génie dans mon entourage, au détours de leurs phrases. 



jeudi 24 mai 2012

Impact





J'avance dans Versailles avec un groupe de gens divers de ma connaissance, dont un ou deux animateurs de ma dernière colo, et mon père. Environ 5 ou 6. tout est très flou. Soudain mon père essaie de me tuer. J'essaie de m'enfuir avec une personne du groupe, on court se cacher dans des hautes herbes... Les autres sont sur un trottoir de l'autre côté de la route. Mon père nous guette avec un flingue, je crois. 
Puis celui qui veut me tuer ressemble de moins en moins à mon père, c'est en fait un inconnu total, mais il me cherche toujours. La gamine avec qui je me suis enfuie a disparu. Elle est peut-être morte, mais je n'ai pas entendu de coups de feu. Je ne pense plus à elle. Je me retrouve piégée dans un magasin de bonbons, ou on m'accuse d'avoir volé les courses d'une vieille, le groupe de personne du départ, et le mec qui veut me tuer. Je me fais séquestrer dans une espèce de maison blanche de forme circulaire. Grace à l'aide des autres je parviens à m'échapper mais l'Homme part à ma recherche. Il est seul maintenant les autres ne le suivent plus. Je me cache quelques temps chez une vendeuse et son mari qui me font accroupir derrière le comptoir, c'était des bouchers je crois. 
A la fin de longs moments à me cacher ou à fuir, je me retrouve devant une immense allée. Je sais que si je reste ici, l'Homme va me retrouver et me tuer. Si j'arrive au bout de l'allée je suis sauvée, c'est la "Frontière". Mais je sais que l'Homme est proche. Si je cours je vais peut-être mourir, mais si je reste, c'en est certain. 
Je m'élance de toutes mes forces en vue de la frontière. Je suis presque au bout de l'allée quand une détonation retentit. Je meurs d'une balle en plein front. L'impact est rond, entre mes deux yeux, le sang ne gicle pas. Je suis morte en essayant de sauver ma vie. Je suis morte. Et je me réveille...

Réponse de ma psy : "Vous devez avoir des relations conflictuelles avec votre père."
Elle a fait dix ans d'études pour me dire ça. 80 euros.
Je l'adore.


mercredi 23 mai 2012

Elle est comme ça

Elle a le profil type "hippie-bobo-artiste-musicienne". Le genre de fille qui sait tout faire, avec l'air de pas y toucher. Sauf les cours. Les cours elle sait pas trop faire. Enfin pas encore. Enfin déjà ça va beaucoup mieux qu'avant. Bref, c'est pas ça l'important. Donc elle sait tout faire. Et vas-y que je te joue de la guitare, et vas-y que je chante par dessus, et puis vas-y que j'écris mes paroles moi même. En anglais presque correct. Elle fait ses compos chez elle avec son matos, et elle a appris à jouer quasi seule. Elle fait des dessins psychédéliques avec un stylo bic noir. "quand elle s'ennuie".

Voilà, déjà ça donne le ton, elle est assez fondamentalement cool. Et comme elle est cool, elle a de beaux cheveux blonds vénitiens, elle est ultra mince, elle porte des jeans slims, le regard absent et son sac bandoulière sur l'épaule. Elle est pas bonne, elle est juste belle. Elle est réservée, mais elle mord pas. Elle est juste pas bavarde. Du coup, elle dit moins de conneries que la moyenne des gens. Elle demande jamais d'aide. Elle se débrouille toujours toute seule. Elle est blindée, depuis qu'elle travaille à Carrefour. Elle se plaint pas. Elle se fait chier dans ce boulot pourri, mais elle en rigole. Elle rigole souvent et ça la rend encore plus belle.

Alors forcément, elle est drôle. Rien que pour moi au début. On s'est connues comme ça, en fait, en se marrant. Bref, maintenant elle a un copain, cool lui aussi, et des amis parfois un peu moins cool. Elle rigole avec eux aussi, ça en fait un peu moins pour moi. Mais toujours, avec un petit coup dans le nez, et même parfois sobres, on se marre comme ça. Ca la fait chier quand je parle de politique, de mes lectures, de mes études. Mais en fait quand elle est là, c'est l'euphorie, je redeviens la personne que j'étais quand je l'ai connue, version améliorée. Je me dit que quand elle sera plus là, je me ferais sacrément chier. A Science Po l'humour c'est assez mal vu. Peut-être, avant de partir, on fumera la fin d'un pochon de weed sur un toit. On boira une bouteille. Sur le quai de la gare, mes valises sous les yeux, pour un nouveau départ, je sais qu'on s'appellera pas. On s'appelle jamais. J'espere juste qu'elle sera là à mon retour.

Elle est complètement folle.


mardi 22 mai 2012

Délit de fuite - Chapitre 3



mai 2011 -

Il l'a aimé comme il l'a quitté, sans vraiment savoir pourquoi. Fidèle à la vie, il lui a été infidèle à elle qui l'étouffait, elle qui pleurait sans arrêt, qui ne faisait plus le poids et ne pesait plus ses mots.
Il ne se rappelle plus à quel moment elle a commencé à devenir compliquée. Et c'était dur de la voir dans cet état, des lieux, décombres, c'était un gros bordel. Il préférait regarder ailleurs en fumant une cigarette. Même plus d'espoir, rien du tout. Il faudrait qu'elle prenne, merde!
Qu'elle prenne sur elle. 

Il observe, ne dit jamais rien. Elle ne pleure plus, elle raconte, les cicatrices, la peur, les nuits interminables, le rouge enfer des amours enfantines... Elle lui raconte tout. Il voudrait foutre le camp, mais pour ça il faudrait prendre une décision, à cause de cette foutue liberté. 
C'est bien beau la liberté. Mais merde quoi. Liberté de parole pour blesser les gens qui nous aiment et liberté d'opinion pour leur donner le droit de ne plus nous aimer. 

Il ne l'aime plus ou alors il s'en persuade. Peu importe au final, l'important c'est le résultat. Leurs regards qui ne se croisent plus, leurs corps qui ne supportent pas de se toucher, leurs discussions qui tournent court et les silences pleins de malaise, voilà le résultat. Il essaie de faire les choses bien, et si c'est pas possible, de limiter la casse. Voilà tout. 


La première chose qu'il fait au réveil c'est de fumer une clope.
Il est retourné à l'anormal. 
Il ne reviendra plus. 

dimanche 20 mai 2012

Lacrymal


"Les plombs ont sauté, ma plaque chauffante a explosé, on a plus d'électricité, ni d'eau, on ne peut pas manger, il fait tout noir, mon frère était tellement malheureux qu'il s'est suicidé : il s'est pendu puis il a sauté par la fenêtre, ma chienne est morte, elle s'est débranchée, moi je me suis coupé un pied et mes parents ne rentrent que cet après-midi !"

C'est magnifique l'amour, mais c'est quand même bien de se raconter des blagues jusqu'à 4 heures du matin. J'ai jamais vraiment vu de gens qui se sont bien quittés. Déjà parce que je si on était "bien" on ne se quitterait pas. Tout est menacé d'implosion.
Et je détruit tout sur mon passage, car c'est tout ce que je sais faire, c'est ma seconde peau, ma sale manie, une habitude vieille de mille ans. J'arrange tout, je reconstruis, pour mieux briser. Affreuse, sale et méchante, devant les affres de ta misère, tu déchantes...
Alors je voudrais que tout soit au mieux, même si je fait tout mal.

No more hope.



jeudi 17 mai 2012

mercredi 16 mai 2012

En espérant.

Dunhill


Des baskets fleuries, un jean troué, une marinière rose;
Deux paquets de clopes, alors que je ne fume plus;
Un café et un monaco à 4 euros 50.
En terrasse sous le soleil, à Versailles
Loin de ma chambre, noire. 
Vers la fin de mon mémoire, c'était pas écrit. 
Alors on prend les mêmes, et on recommence
Sans comptes à rendre, sans rien. 
En espérant qu'on soit heureux. 
Parce qu'imagine. 
Imagine qu'on soit libres,
Et que personne t'oblige. 
Imagine que tu n'imagines pas.
Imagine que jamais personne ne t'oblige à rien.
Tu vois le bordel ?
Le fond oui, mais alors la forme... à retravailler.
Imagine qu'on puisse trinquer!
Mais seulement à notre santé.
De comptes à rendre à personne.
Sauf qu'on est deux.
Alors...en espérant qu'on soit intègres.
Parce que s'aimer ne suffit pas.
Même si, ça donne envie d'espérer encore plus.
Enfin parfois.
Mais moi de l'espoir j'en ai plein !
Et tout va bien, en espérant...
Entre autre.


PS : J'écoute la merveilleuse "Lettre à Elise" (non Arthur, ne me frappe pas), j'ai mangé des sushis, je pars (peut-être) en Espagne cet été, j'ai recu ma carte Visa, mon mémoire est presque bouclé, Noé ne mord plus (youpi), je vais prendre un café avec C., diner avec les copains samedi soir, j'ai enfin pu remonter à cheval hier grace à ma formidable maman,  et tout va merveilleusement bien, tout retrouve couleur, et je souris comme une idiote dans la rue, toute seule, et j'ai envie de danser, de faire l'amour, d'écouter pink floyd et de fumer des joints en même temps. 

dimanche 13 mai 2012

Les chansons du dimanche



Beaucoup de thé, un mémoire qui n'avance pas, de la peinture, les yeux secs, le coeur creux. Je ne me sens ni mal ni bien, je ne suis ni triste ni en colère, je ne ressent absolument rien. Je suis cloisonnée dans ma chambre, devenue refuge et tour d'ivoire. Je ne fume plus. Je ne sors plus. Je reste dans ce lit, ou nous dormions ensemble, et j'attends. Je me sens morte dans ma tête.


vendredi 11 mai 2012

Tragédie d'une trajectoire



Alors c'est comme ça que ça s'arrête
Ni porte qui claque, ni tempête,
Ni rien; juste mes larmes sur le bitume
L'amère désillusion de mes tourments qui se répètent
On se fait des romans, on s'entête
Et ce n'est que tristesse qui se jette de ma plume
Trop inquiète pour la suite. Ou trop pleine d'amertume.



Je n'ai jamais eu aussi mal à la cheville depuis 7 mois et 11 jours.