"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

lundi 11 février 2013

Il était une fois une histoire imbibée d'alcool de mauvaise qualité




Il était une fois une histoire imbibée d'alcool de mauvaise qualité. J'écoutais en pleurant doucement ta si belle sonate de Clementi et en ton honneur je fume joint sur joint dans des rues désertes, pour toi je vais encore sortir de ma réserve. Du haut du toit la Tour Eiffel danse au loin. Je la salue d'un geste de la main avant de m'en remettre à ma cigarette qui fait rire. Des litres de fumée que je déblatère sortira peut-être, rescapée des décombres, mon âme pleine des bleus que j'aurais bien mérités. Quelle tristesse qu'on en soit arrivés là. Toujours en haut de mon toit je te dis, mais pas pour sauter cette fois ci, juste se rapprocher un peu plus du ciel. Je ne sais gère ou tu es. Ailleurs. Peu de nouvelles qui défilent ou juste d'amères larmes de défaite quand on me rappelle à ton souvenir. De gros sanglots dans la gorge qui agrippent aux escarres de ma conscience. On ne pouvait pas savoir que ça se passerait comme ça. La vaisselle qui tombe du placard et qui se brise en mille éclats de verre. Oh, combien on s'est étripés pour tous ces bris, ces fêlures. Sans remords sans doute aujourd'hui, tu tisses des projets d'une autre envergure, loin de nos rêves de gosses. Je ne sais pas combien de temps il nous faudra pour être à nouveau heureux. Parfois j'ai le réel sentiment de l'être mais je doute encore.
Depuis que tu n'es plus là je me met des oeillères et je me soigne à la médecine douce. L'herbe peut devenir une certaine forme de camisole chimique si on lui laisse assez de marge de manœuvre pour agir. Aujourd'hui dans le miroir le reflet ne me nargue plus car son regard est triste et ses poignets fébriles. Les cheveux emmêlés  je toise le monde qui m'entoure d'un oeil calme mais désolé. Le temps d'une pause déjeuner j'arpente des sentiers ancrés dans ma mémoire, ceux on l'on était encore libres et sur lesquels on encensait la révolution. Ceux ou l'on marchait les mains fermement jointes comme si l'on ne parvenait pas à croire que l'autre s'évaporerait un jour. Ca faisait pourtant partie de l'histoire n'est ce pas ? Ils vécurent séparés et malheureux et avortèrent l'enfant. Point final.



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