"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

dimanche 20 octobre 2013

Petits matins

évasion





"Vous voulez vous foutre sur la gueule ? Allez y foutez vous sur la gueule. C'est bon, vous êtes calmés ? Comment ça y en a un qui a mal ? Vous sentez le gout du sang là ?"

10 octobre, il neige. Je flanche.


Tous ces petits matins dont je n'arrive pas à cerner la magnificence, ou je n'ai personne pour me tenir la main, à peine quelques âmes égarées qui traversent ma solitude silencieusement. En cavale, ni belle, ni tragique, j'erre à la recherche de quoi passer le temps, car on s'en fout de tout quand on attends. Patiemment je vois les jours passer, le soleil se lève imperturbablement pour aller se recoucher au même endroit tandis que ses enfants se déchirent. J'ai l'impression de vivre dans un grand cirque.  Entourée de singes savants qui connaissent bien leurs leçons, je passe pour le clown, triste parfois. Je voudrai juste te retrouver, c'est tout ce que j'attends, et que tu me mordes les doigts encore. Belle nuit qui vient, sans vie, belle nuit pour les insomniaques. Pour toi, de l'autre côté du pays, derrière mille montagnes  et mille vallées et tout ce qui nous sépare dans le creux d'un oubli réconfortant qui permet de vivre malgré le fracas de tout ce qu'on a perdu qui se brise comme du verre sur le carrelage, quand je lancais encore des objets même s'ils m'ont au moins évité les contendants. J'ai un passé poids lourd, alors que j'aurais voulu m'envoler légère, vers toi, telle une plume libre de tout emmerdement. Je sais que j'en ai trop pris, toi, peut-être pas assez, j'ai eu des expériences par le passé pas dorées à l'or fin, c'est  sans doute ça qui fais que je suis ainsi maintenant.  Aujourd’hui quand la nausée et la terreur grimpent comme une envie de vomir, j'essaie de penser à ceux qui m’aiment comme ça. Imparfaite. J'essaie de croire que malgré tout ça marchera, qu'on esquivera le blizzard qui me poursuis depuis mes années mortes. A force le monde se vide et oui c'est vrai tout se vide autour et on se demande pourquoi, comme si on ne le savait pas. De toute manière à la question pourquoi on sait très bien qu'il ne faut jamais répondre sinon on ne comprendrait même pas ce qu'on fait ensemble, pourquoi on continue à écrire un roman baclé, absurde, à quatre mains qui se tiennent, qui s'empoignent, qui aimeraient ne pas se quitter, mais les têtes, elles, elles ne sont pas d'accord et elles s'inventent des excuses à des kilomètres pour partir, partir toujours plus loin pour poursuivre une liberté qui n'existe même pas. Je sais que je peut te faire peur parfois quand dans ma tête ça galope comme ça à pein régime mais j'y peut rien j'espère que tu le comprends, ça se contrôle pas, c'est la frénésie qui me pousse à faire des trucs pas nets, et tu me regarderas d'un air ébahi faire des choses bizarres dans un mouvement halucinatoire, sans trop saisir comment on peut en arriver jusque là.
Et même si un jour je  m'ennuyais, si tu partais je devrais te retrouver. Je ne pourrais jamais aussi bien m'ennuyer avec un autre




mercredi 2 octobre 2013

Les nuits froides du bout de la France






On a parlé de beaucoup de choses et je n'ai pas tout retenu, mais j'ai retrouvé les plus belles heures de ma vie dans ton sourire qui me racontait l'été, la mer, les nuits entières passées à reconstruire le monde sans qu'il n'en sache rien, la douceur de nos rires dans l'éclat des vagues et les folies qui nous prenaient. J'avais essayé d'apprendre à sourire comme ça. On avait tous les deux ouvert le champagne pour fêter mon échec sur toute la ligne qui marquait le début de quelque chose de nouveau. Il faut dire que j'avais sacrément merdé sur ce coup là, c'était à peu près le point culminant d'une série de débâcles qui me hantaient depuis tellement longtemps. Ce jour là j'ai pleuré , car essuyer un échec n'est jamais agréable, tenons le nous pour dit, mais quelque chose comme deux heures après je n'y pensais plus. Voilà c'était fini, j'avais tout raté. Maintenant c'était soit aller se noyer dans la mer soit aller jouer avec les enfants sur la plage, parce que tout ce qu'il me restait c'était leur sourire. On veut pas vieillir, ça aussi c'est toi qui me l'as dit. Parce qu'être adulte c'est nul, on essaie d'y remédier, même si toi t'as déjà une ride et des cheveux blancs. Tu me racontait des histoires incroyables, on voyageait partout en ouvrant la fenêtre, je n'ai jamais autant rêvé. Après t'es parti sans laisser aucune trace. Je n'ai pas résisté. J'ai essayé de continuer à vivre comme j'avais appris de toi, en espérant que le vent te porterai quelque part ou tu serais bien et moi de même. J'aurais jamais pensé en être ici aujourd'hui. C'est en partie grâce à toi tout ça, ma nouvelle vie et toutes ces chances. Quand tu m'as dit "on se reverra" j'en ai pas cru un seul mot et pourtant un an et demi après c'est toi que je vois tous les jours. C'est ton rire qui rythme les après-midis. Nos discussions qui me tiennent éveillée le soir. J'ai accompli beaucoup de chemin en un an et demi. J'ai grandi, j'ai connu de grandes peines, et vu se briser beaucoup d'espoir, je n'ai pas accompli grand chose de bien, mais j'ai essayé de rester intègre et de mériter tout le bonheur que j'ai pu recevoir par ailleurs. Celui d'avoir vécu, d'avoir connu ce que c'est que de se lever le matin en en ayant envie. J'ai tenté de me tracer une trajectoire avec laquelle tu aurais été d'accord. Pour autant t'es loin d'être un mec parfait mais t'es pas comme les autres. Je pense qu'on se reconnait un peu l'un dans l'autre parce qu'on est tous les deux paumés même si on est pas pareils mais qu'on tente de mener notre kayak quand même en plein milieu du lac. Sauf que moi, être perdue ça m'angoisse alors que toi ça commence à t'user. Je sais qu'un jour je me lèverai et tu ne seras plus là, sans avoir prévenu, comme d'habitude. Un jour t'auras une femme et des gosses et tu rentreras dans le droit chemin, et moi je serais toujours une gamine en plein dans la débrouille. Tu me parles déjà comme un papa alors que t'es presque un frère, tu me fais des morales pendant des heures, c'est vrai que je suis une gosse mais je fais ce que je peux pour apprendre le plus vite possible. Ca prend du temps de comprendre ses erreurs et d'arriver à la ténacité de ceux qui tentent de marcher droit. Parvenir à se mettre des oeillères pour ne pas détruire tout ce qu'on tente maladroitement de construire. Je te jure que j'essaie et je vais même jusqu'à faire des projets, mais quand tu me demandes pourquoi ça se passerai pas bien je te réponds qu'il y a toujours une marge d'erreur à la quelle on ne peut pas faire grand chose à part essayer de la diminuer au maximum. Je sais pas combien de temps ça va durer cette histoire, ni comment ça va se terminer, ni si on va continuer à marcher ensemble longtemps, mais c'est pas très important. Je sais que dans les nuits froides du bout de la France, sur une route que j'ai tracé par hasard, j'ai trouvé un vrai ami.





dimanche 22 septembre 2013

Les chansons du dimanche










Nouvelle saison, reprendre la route après de belles vacances, espérer que ça se passe bien, qu'on saura rester droit et assumer les choix qu'on a fait quoi qu'il arrive, profiter de ces heures de la jeunesse, du temps qui passe à une vitesse affolante, se rappeler qu'on était très loin d'en être là il y a quelques mois et continuer à se battre pour des idées auxquelles on croit sincèrement. Parfois avoir le choix entre faire un pas en avant ou tourner le dos et s'en aller, souvent préférer fuir, les choses s'améliorent petit à petit, prouver que tout ce qu'on a fait en valait la peine et qu'on a eu raison de le faire.




jeudi 19 septembre 2013

Conversation de gens soucieux



Prends une chaise et assieds toi. Raconte moi. Tu peut parler avec moi tu sais. Raconte moi tes nuits dehors quand tu as peur et que tu as froid, sous la pluie, seule dans le noir et rien au monde pour te garder un peu d'espoir, juste la pensée que demain est un autre jour. Raconte moi la galère, les après-midi passés au Pole Emploi, au CCAS; les rendez-vous avec les assistantes sociales, les psychiatres et autres conseillers, les journées à attendre sur un banc que le temps s'écoule un peu, les fiches de paie, les attestations de domicile, la carte vitale qui ne fonctionne plus, le découvert impossible à rembourser. Raconte moi ou en sont tes rêves, toutes ces grandes choses que tu voulais faire, tes espérances les plus folles, les plus bancales, ou tu en es de la route que tu comptais te tracer avec ta liberté et toutes les belles valeurs que tu portais à bout de bras. C'est sur que tout n'es pas allé comme tu voulais, ça s'est un peu cassé la gueule en chemin mais tu vas sans doute te relever, c'est possible, en tout cas moi j'y crois. Tu peut pas tout plaquer à chaque fois que tes rêves se fissurent, tu l'as compris maintenant, enfin c'est ce que tu essaies de montrer. Ne lache pas prise, tu peut y parvenir si tu y crois, si tu y crois comme moi. Moi j'ai confiance, ça va bien se passer même si la route est longue, même s'il faut s'accrocher. Raconte moi comment c'était quand tu étais heureuse, ces moments d'harmonie ou on ne voyait que ton sourire à l'horizon, abrités de la malchance et de tout ce qui enferme. Tu sais que ça recommencera, on sera à nouveau bien, sans faire semblant, et tu pourras sourire très très longtemps. Raconte moi tes angoisses qu'on les chasse au loin, qu'on exorcise les démons et soigne tes peines les plus amères et tes cicatrices les plus douloureuses. Parle mo de ce qui te fait douter et te donne envie de fuir, ce qui te pousse à prendre de la drogue quotidiennement pour te faire penser à autre chose, faire passer les minutes pls vite, s'endormir plus rapidement, tard le soir ou tôt le matin, quand tu trouves enfin un lit. Mais c'est pas ça la solution, tu le sais mais tu essaies de l'ignorer, tu as l'impression de soigner le mal par le mal, et d'autres pensées abstraites, tu te laisses percher sur un nombre de choses absolument incaculable, ça va trop vite dans ta tête, trop souvent tu paniques pour des trucs tous bêtes et quand tu t'expliques c'est confus. Quand t'es dans la rue, tu croises des gens "biens" en polo et jean propre, un sourire discret aux lèvres, des gens qui ont sans doute un crédit et une voiture à leur nom, des revenus stables, des enfants en école de commerce, l'air heureux même s'ils ne le sont pas forcément. Un bonheur tranquille et préconçu qui baigne leur quotidiens malgré les quelques maux qui les agitent. Tu te demande pourquoi t'es pas comme eux. Pourquoi t'es pas sage et jolie, cultivée, avec un appart et de bonnes études, un poisson rouge et de gentils amis. Pourquoi toi tu as mal tourné, tu as fait de ta vie une lutte permanente contre les croques-morts silencieux qui t'entourent, te surveillent en permanence. Ils ont volés l'âme de tes meilleurs amis, de tes compagnons de route sans qui tu tente de continuer ton chemin malgré tout. Raconte moi comme il est long ce chemin, comme tu t'y sens seule parfois. Comme tu aimerais qu'il pense à toi parfois de son appartement au chaud, dans sa jolie vie bien rangée qui n'avait pas de place pour toi. Raconte moi comme parfois c'est dur et qu'il te manque, même si tu retiens ces souvenirs comme étant les plus belles choses que tu as pu connaitre. Comme tu es heureuse d'avoir pu connaitre au moins une fois de se coucher à côté de quelqu'un que l'on aime, se réveiller en pleine nuit pour se dire rout ce qu'on ne raconte pas le jour, de te cacher à l'écart d'un monde qui te terrorise quelques instants avant de repartir au combat. Tu sais que peut-être tu ne le retrouveras jamais car tu as placé ta liberté au dessus de tout ce pour lequel tu peut te battre. A la fin des hostilités, tu retourneras en territoire de paix, mais il sera sans doute trop tard. Mais moi je suis là et je ne te lacherai pas. Tu ne seras plus jamais seule.


mercredi 11 septembre 2013

Mirages




Je me fous de ton passé. Ce que tu as pu faire avant, les boulets que tu peut trainer, les filles que tu as aimé, les conneries que tu as dites, les personnes qui t'ont rendu heureux, les coups que tu as tirés, tes échecs, tes victoires, tes cris de joie, tes larmes, tout ça n'existe plus ou est sans importance. 

Seules comptent tes cicatrice sur les miennes le soir venu. Des mirages dans nos nuits blanches nous autorisent à nous recevoir, nos sacrifices s'effacent en nous laissant les traits tirés.  Tels que nous sommes devant le miroir. On est pas si fiers de ce qu'on est mais on s'en fout parce qu'on est plus seuls. On est ensembles. Dans nos regards on sent qu'on s'inquiète moins, qu'on est moins en guerre avec nous mêmes, que ça s'agite moins dans nos encéphales.

Dans le fond il faut se dire que ça peut arriver, même à nous. On a eu cette chance de parvenir à figer le bonheur pendant un temps ensemble, alors qu'on avait toujours l'habitude de tout foirer. Un moment d'harmonie au dessus du vide qui nous attends bientôt. Dans mes cernes ils croient lire que j'en chie mais ils ne comprennent pas qu'être aussi heureux ça épuise. Rire à en ébrecher les murs, faire du vélo dans la nuit, le bruit et les lumières, chercher les autres pour partager notre douceur. Oui, on s'est cachés, c'était possible, loin de tout ce qui tourne et qui rend fou, tout ce qui nous bouffe. On a construit quelque chose de splendide et d'éphémère.

 Il va bientôt être temps que je rentre, que je reprenne la route. Fuir à nouveau quand la situation commence à m'échapper et que les événements me dépassent. Déjà quand t'es pas là, que tu me laisses pendant des heures je sens bien qu'il y a un truc qui va pas, ça commence à bouillir dans ma tête, à aller dans tous les sens. On parle peu, pour éviter de se raccrocher à nos mots, sachant que déjà nos maux nous rongent assez de manière générale. Mais je tacherai d'être paisible. Je vais reprendre les choses là ou je les ai laissées. Essayer d'expliquer plus ou moins ce qui s'est passé.

Ca se termine comme ça a existé, on ne sait pas trop pourquoi, mais le temps nous porte et nous pousse à partir dans un calme absolu. Sans éclat de verre, sans mots d'amour. Un "au revoir" sur le quai de la gare, des souvenirs de cette vie qu'on a réussi à rendre tellement belle, un dernier verre, on se tourne le dos et on part en voyage des valises sous les yeux. On s'en retourne à nos chevaux de batailles, la solitude, le travail et le spleen silencieux.




lundi 5 août 2013

Ouvrir la porte sans bruit




Je ne veut plus
De tes paroles vides de sens
De tes défauts de présence
Tout juste en post-adolescence
Dans ton absence en permanence
Je vois que j'ai grandi
Les matins ou je me lève
Sans avoir assez dormi
Pour aller affronter
Le brouillard aux lèvres
La salve des inconquis
Sans espoirs ni rêves
Ceux dans lesquels bout la sève
Des révolutions meurtries

Je ne veut pas 
Te prendre pour un con
d'un retour en arrière
Je n'ai pas l'ambition 
De franchir ces barrières
Quand on pourrait seulement
Ouvrir la porte sans bruit
Observer l'avancement des ans
Sur nos visages sans mépris
S'avancer doucement 
Essayant de ne pas froisser autrui
S'aimer un peu enfin
A corps et à cri
Quand s’emmêleraient nos mains
Telle la vie qui nous lie

Je voudrais simplement
Dans le silence des nuits
M'endormir tranquillement
Dans le creux de ton lit
Entre toi et le ciel
T'imaginer en paix
En un songe iréel
En toute humanité
Te retrouver heureux
Nous découvrir sereins
S'aimer, mais en mieux, 
Continuer le chemin
Un peu moins vite mais mieux,
Et tellement plus loin. 


mardi 30 juillet 2013

La lettre à Elise

"La muerta es una calle sin salida" - La mort est une rue sans sortie.

" Tu nous entends la mort ? Est ce que tu nous entends ? Si oui, saches que déjà, on a pas peur de toi. On t'as déjà vu de très très près, on sait à quoi tu ressembles avec ta sale gueule de cadavre et tes griffes gigantesques qui essaient de nous tirer vers toi dès qu'on a un instant de faiblesse. Mais c'est pas parce que tu nous fait pas peur que tu peut pas aller te faire enculer bien profond, t'entends ? Parce qu'on a pas besoin de toi, ni aujourd'hui, ni plus tard, parce qu'on sait que parfois tu préviens pas avant de débarquer mais là c'est pas pareil, t'as pas le droit d'être là, de nous prendre, de nous emmener, t'as pas le droit de faire ça. De nous voler notre jeunesse. Parce qu'on est des gamines encore. Parce qu'on l'a pas mérité ce qui nous arrive. Parce que c'est pas de notre faute.
Mais tu sais quoi, vas te faire foutre la mort, on veut pas de toi, tu peut aller te faire voir ailleurs, très loin, chez les vieux, les miséreux, ceux qui n'ont plus que leurs cheveux blancs et l'attente de crever tranquillement dans tes bras. Alors perds pas trop ton temps avec nous, parce que même si tu nous as beaucoup affaiblies, avec tes copines l'angoisse et la dépression, on ne baissera pas la tête une nouvelle fois encore, on ne se laissera plus faire si facilement. Alors oui c'est vrai, encore une fois on va devoir tout reprendre à la case départ, mais nous on a ce truc que toi t'as pas, qui s'appelle l'espoir et qui vas nous permettre de continuer la bagarre encore longtemps. Faut qu'on te dise quand même, tu fais chier la mort, tu fais chier, parce que sans toi et tous les trucs ignobles que tu impliques, on avait tout, tout pour être heureuses. Mais on le sera à nouveau, j'en suis certaine. Quand on t'aura enfin déglingué définitivement, quand on t'aura sorti de nos têtes, quand on aura rattrapé la vie que tu essaies de nous voler. Des fois on a envie de te gueuler dessus, de te hurler, de te crier, mais enfin, pourquoi tu t'acharnes sur nous, sale pute ? Tu crois pas que tu fais déjà assez de mal comme ça ? C'est ça ton kiff, ton trip, c'est ça qui te fait prendre ton pied ? Tuer impunément, comme ça, des gosses perdues qu'ont rien demandé, des âmes perdues qui tentent juste de retrouver un peu de sérénité. Mais promis juré, on se laissera pas faire. C'est fini maintenant les conneries. On te le redis une dernière fois: tu peut aller te faire foutre. De nos cendres nous renaîtrons, et si derrière toi tu laisses des plaines et des ruines dévastées, sur celles ci se dresseront de vaste champs d'amour et d'espoir.  "



Parce que j'ai rencontré la vraie Elise de la lettre et c'était sans doute la plus belle et la plus triste personne de la terre. 


La Lettre à Elise- Beethoven


mercredi 24 juillet 2013

Un bon début




Tu crois qu'il pense quoi de toi en même temps ? Regarde toi, t'es pitoyable, tu te conduis comme une petite pute. Si tu veut avoir une chance de le retrouver un jour il faudrait arrêter de coucher avec tous les types que tu croises, ce serait déjà un bon début. Cesser de prêter ton lit aux inconnus de grand chemin, à n'importe qui, n'importe quand. Il faudrait arrêter de fumer, mais sans grossir. Il faudrait dormir un peu plus, faire des nuits complètes, se coucher à des heures décentes, se lever avant 16 heures. Arrêter de manger de la merde, de te maquiller comme un camion volé, de chialer pour un oui ou pour un non, le soir quand t'es bourrée, le lendemain matin quand t'as honte. Faudrait d'ailleurs penser à arrêter de boire, de se mettre des taules, des mines, des caisses, les pires cuites du monde, faut arrêter de te déglinguer. Puis tu devrais essayer de sortir toutes ces choses qui te tourmentent de ta tête, les poser sur un papier, les écrire, les dessiner. En parler. De te sortir de ta merde, de tes idées noires, tes souvenirs tristes. Il faudrait aussi faire du sport, trouver des opinions politiques, et quelque chose pour lequel tu pourrais te battre. Aller voir ta mère plus souvent, elle est toute seule tu sais, toute seule. Téléphone lui au moins. Il faudrait trouver un travail stable, avoir des revenus réguliers. Économiser. Prendre un appart, passer ton permis, devenir quelqu'un de respectable. Arrêter de fumer des joints toute la journée. De traîner dans des lieux étranges avec des personnes bizarres ou de squatter chez des gens que tu connais à peine. Il faudrait te faire de vrais amis, des personnes de confiance. Retrouver un peu espoir. 

 Il faudrait que tu lui montres que tu l'aimes, je sais pas comment, mais il faudrait. Peut-être qu'il faudrait que tu lui écrive, que tu lui hurle, que tu le lui glisse quand tu le croises dans un couloir, que tu le peigne sur les murs de chez lui, que tu le dessines dans le ciel. Ce serait un bon début. 



dimanche 21 juillet 2013

Le Mal du siècle




Dans la main droite, un joint qui se consume
Dans un recoin du crane, l'esprit qui s'embrume
Souvent le rouge aux yeux, la jeunesse s'affole, 
Brule du feu de la vie attisé par l'alcool
Boit dans une grande danse désincarnée
Le gigantesque ballet des camés oubliés

Humains si jeunes, déjà désenchantés
Se cherchent dans les nuits sombres des raisons d'exister
Comme dans leurs addictions un moyen de s'échapper
Ils sont les cancres de l'époque qui se saisissent de l'encre
Tentent de réécrire leur sort loin des nombreux esclandres
Mais fumant en chemin se réduisent en cendre...

Dans un bar puis un autre, sècher ses larmes
Sur une épaule qui s'attardera peut être sous le charme
Il n'est pas difficile de faire baisser les armes
A une ame esseulée assaillie par l'ivresse
Quand dans les heures du soir ils frisent l'aliénation
Dérisoire parait parfois tout espoir de guérison



lundi 15 juillet 2013

Disparue, envolée, libre et triste...




"Reviens vite et heureux",  elle lache ça dans un soupir. "S'il te plait, ne tombe pas amoureux de quelqu'un d'autre" dernier sursaut d'égoïsme avant de tourner le dos à un an de patient oscillement entre l'espoir et la crainte. De qui pourrait-il bien tomber amoureux ? Sans doute n'importe qui. Une fille jolie, marrante, qui s'appellerait Kelly ou Valentine, qui serait souriante et gentille. Une fille qui ne se mettrait pas à pleurer au bout de trois verres de vodka quasiment systématiquement. Une fille qui boirait de la bière et du café comme tout le monde, avec qui il pourrait aller au cinéma, parler de littérature et la présenter à ses amis. Une fille qui habiterait ici ou dans le bled à côté, pas une espèce de manouche sans toit, qui se ballade sac au dos, parfois pieds nus, qui n'a pas d'amares, pas d'attaches et qui peut disparaitre du jour au lendemain pendant plusieurs mois sans donner de nouvelles à personne... Pas une fille comme elle.
Il fait déjà jour à 5 heures quinze du matin. La ville est silencieuse. Elle est partie sur la pointe des pieds, dans un souffle, sans réveiller personne. Dans quelques heures, au réveil, qui sait peut-être que quelqu'un s'inquiétera. Peut-être lui sera t-il reconnaissant tout de même de lui avoir épargné des adieux pénibles et douloureux, toujours décevants pour elle. Toujours tristes. Elle est partie également car il commencait à être tôt et elle ne voulait plus attendre. Constamment portée par un flot de courants contradictoires, elle était toujours en perspective de fuite et ne savait pas patienter.
"Mais toi je t'attends pourtant...Et ça fait un an. Sauf qu'aujourd'hui tu vois, je n'ai plus vraiment le temps de t'attendre. Attendre c'est bien quand il y a de l'espoir, sinon ça ne sert à rien. Toi tu n'en as jamais eu, moi je n'en ai plus, alors à quoi bon ? Je crois que l'amour nous met des œillères. Enfin "nous"...façon de parler. En me voilant les yeux j'ai accepté pas mal de choses sans broncher. Parce que je t'aime et que j'ai promis que je serais toujours là pour toi. Mais est ce que ça compte ça maintenant? Et puis est ce que ça t'aide vraiment que je sois toujours là pour regonfler ton ego quand tu en as besoin? C'est rassurant de savoir que quoi qu'il arrive et quoi que l'on fasse, une personne nous aimera toujours inconditionnellement  Et c'est exactement pour ça qu'on se permet de dépasser les limites. Mais regarde moi, si tu arrives à de détacher de ton reflet espèce de prétentieux, regarde moi un peu. Les limites arrivent. Je suis brisée, je n'en peut plus. Loin de toi je suis emplie de nostalgie mais en ta présence je suis triste. Tes gestes sans précaution, des sautes d'humeur, tes regards qui s'en foutent, et mes yeux qui disent "aime moi un peu" dans une larme que tu n’apercevras sans doute pas. Je n'ai jamais compris pourquoi tu avais voulu me garder auprès de toi. Tu disais qu'on ne serait jamais amis, qu'on était pas fait pour ça mais pourtant tu ne voulais pas me lâcher complètement, définitivement... Aujourd'hui je commence à me dire que ce n'est qu'une autre facette de ton égoisme. Et petit à petit je crois que tu es en train de me perdre. Je suis libre après tout. Triste, mais libre. Tu ne m'aimes plus. Je m'en vais."

Elle s'avance sans bruit dans la jungle urbaine qui se réveille calmement. Le ciel est encore un peu rose. Que se dira t-il en découvrant ses draps vides ? Disparue, envolée...


dimanche 7 juillet 2013

Deux âmes en accord ou deux amants en corps à corps



Qu'est ce qu'on a encore fait ?
Est ce qu'on peut accuser l'alcool, la drogue, la chaleur ou la fatigue pour nos actes? Est ce qu'on avait besoin d'être bourrés pour faire ce qu'on a fait ? Disons le autrement, l'aurai t-on fait sobre ? Se réveiller le matin la tête en vrac, dans des draps sales en ayant mal au dos, sans aucun souvenir de la veille. Les doigts enchevêtrés dans d'autres qui ne sont pas ceux qu'on voulait. Parce qu'on s'est loupés sur toute la ligne, quand ceux qu'on aime sont à des centaines de kilomètres, on essaie de se trouver d'autres bras, d'autres bouches à aimer mais on a plus aucun espoir.  C'est pas parce qu'on ne se deteste pas ou qu'on n'est pas amoureux qu'il y a de la place pour l'amitié. Et c'est comme ça qu'on reste vides, à force d'accueillir momentanément les âmes, sans leur faire de place réelle. Des grands garçons passent, piétinent un peu sur leur passage et déménagent aussitôt. Se confondre avec un autre l'espace d'un instant dans des étreintes brèves et décevantes, se permettre parfois d'y humilier des années d'amitié qui valaient bien mieux. Parce que c'est pas comme si on se contentait de dormir avec des inconnus, des gens de passage, sans blesser personne. Pour une caresse, un geste déplacé, on arrive à rabaisser ce qu'on construit depuis longtemps avec des êtres qu'on apprécie au rang de rapport désuni entre deux corps. Tant de pertes pour si peu, des grimaces gênées, des lendemains sans aveux... Et ça peut aller très loin. Car personne n'a de respect pour des gosses qui n'en ont pas pour eux mêmes et personne ne les aidera à en avoir. S'installe alors la censure qui use patiemment les consciences au point de les rendre honteuses d'elles-mêmes. On ne sait plus trop qui on est, partagés par trop de courants contraires. Les gens qu'on aimait ne nous aiment plus. Alors on continue à essayer de fuir. Mais c'est sans fin. 



samedi 6 juillet 2013

Mélodie d'un début d'été




Faudrait qu'on s'casse
Loin de se caser, petit voleur je t'emmène
On a pas besoin d'être adulte ni même que l'été revienne
Seulement 3 sous et un peu d'herbe dans les poches
On s'en va sans claquer les portes
Sans en faire tout un cinoche

"Alors c'était comment ?"
Le sourire jusqu'aux oreilles, le regard insolent,
Ils attendent tous que je craque, que je lave le maquillage,
Que devant eux enfin je montre mon vrai visage
Il ne veulent plus m'entendre dire "ici tout va bien"
Quand ca sonne si faux, si lointain

Je t'ai vu te retourner
Les yeux qui ne cherchent pas à rester
Juste un geste pour embrasser les bris de notre amitié passée
Dans l'absence d'une conscience ou de quelqu'un à protéger
Trois pas plus loin
La page est déjà tournée.