Sarah - Gab
Le sang roule en bille, tourne en rond, c'est l'anémie qui guette son heure, les pommes qui n'attendent que de tomber. Hier je riais encore si fort en public, aujourd'hui je la met en sourdine devant tout ce sang. Je suis seule pour le sang. Et je suis pas sure qu'avoir, à l'autre bout du monde quelqu'un qui m'attends et qui pense à moi, je sais pas si ca aide vraiment à avancer. Un peu d'amour, un peu d'espoir, de la lumière dans ces matin brumeux au soleil poignardé. Mais devant le sang je suis seule, devant la gerbe, et devant les antidépresseurs je serais toujours seule et l'espoir, il dégouline le long de la cuvette sale. A genoux.
Alors avoir quelqu'un qui m'aime quand je brois mes rêves, c'est joli, ça rend altruiste, mais ca reviens à se prendre un coup de hache entre les deux omoplates. Est ce que c'est l'amour qui épongera le sang sur le sol quand j'aurais débarassé mon corps pour aller le déverser ailleurs ? Est ce l'espoir d'un retour qui réparera les dégats, effacera les mémoires à tout jamais, diluera les pertes et me procura des sensations de défonce en plein sevrage? Non, je ne pense pas. Malgré tout, être seule dans la morve et le sang avec quelqu'un qui m'attend quelque part, c'est quand même plus facile que d'être seule toute seule, ça rassure et ca apaise quand on se rapproche trop des fissures.
Remplis ton sac, égarons nous ensemble. Reviens et ne part plus, ou emmène moi, tant de promesses à respecter sous peine d'implosion de sentiments. On s'envole et on mord un bout dans nos reves avant de tater le béton en retombant sur le sol. La machine tourne à vide et elle dessine sous nos yeux des rides, à en perdre le sens, comme deux grands sourires un peu tristes que l'absence se sommeil a brulés. Car tu sais, tout passe quand on a perdu le gout de vivre, mais de vivre en vie, pas comme les autres qui font semblant, il ne savent pas comment on fait, et moi, je n'y arrive pas seule.
Tu sais moi, j'aime bien quand tu me fais rire, même si je t'avoue que parfois je me force pour te faire plaisir, mais toute cette tristesse c'est trop pour une seule personne.
Gab
Je tombe dessus au bon moment. Au moment où je me sens seule, comme tous les jours et toutes les nuits depuis que je me suis rendue compte que j'ai donné mon dernier souffle de vie à un animal primitif au coeur de pierre et au cerveau rempli de bien plus d'horreurs que ceux d'Hitler, Staline et Voldemort réunis.
RépondreSupprimerPeut-être qu'en fait on est pas si seules. Au moins on a en commun le sang, le vomi, et les antidépresseurs. Sauf que moi le sang je l'ai laissé dans son lit. Le vomi il reste coincé dans la gorge. Et mon antidépresseur c'est l'alcool et les blagues de M.Genin.
Cette nuit j'étais dans les bras d'Arnaud. J'ai encore pleuré. Il m'a glissé dans l'oreille : "Je ne suis pas comme lui, je te le promets." alors j'ai dormi comme un bébé. Il est chouette mon Arnaud n'est-ce pas ? Je le mets dans une brouette, tu mets Antonin dans une charrette, et on part en Bretagne vivre dans un phare.
Courage et arrête de me faire pleurer catin
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