"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide
samedi 17 mars 2012
Hors du système
Je suis sous la veranda de Souvigny et la pluie bat le carreau. Le chien est allongé près du feu, l'air pensif comme si il n'était pas un chien et qu'il avait des choses à nous dire. Mais on l'écoute pas.
Le piano résonne, c'est mon impro, et c'est important, ça se sent à la façon dont on ignore le reste. Nous sommes dans un tout petit village, ou vivent très peu de gens, qui ne sortent jamais de chez eux, et d'ailleurs qu'ils y restent, devant leur télé!
Qu'ils nous laissent.
Tranquilles.
Hors du système, un battement de coeur et une caresse. Deux vies mélées, pour le meilleur et pour mes larmes qui nous lavent de mon sang. C'était rien au départ. Juste un prélude de Bach, un joint, et un bébé rat.
Six mois après, on parle déjà de dans six ans.
On s'écrira des partitions sur nos bras, on partira,
à la dérive,
Loin de mes éclats d'âmes et de mes brisures.
Loin de ce monde qui ne cesse de confirmer ses fractures,
Un univers trop dur, amer sur nos fissures, les cicatrices s'etoffent, et malgré toi le tissu de tes rêves s'effiloche, alors partons. On voyagera gratuit, dans des endroits dont ils n'ont pas idée, au gré de nos envies, j'porterai les bagages.
Je prend mes jambes à ton cou, au vent de notre idylle, et puis ce qu'on laisse, je m'en fous, on ira plus à l'école fabriquer nos petites névroses. Leur monde est blême car ils ne savent pas à quel point je t'aime.
Petit appétit, et je maigris, et je maigris. Je ne cours plus, je m'essoufle, et j'ai le sommeil tellement léger qu'il pourrait s'envoler. Nous avons mauvaise mine, tu sais, il nous faut nous tailler. Ne me demande pas comment je vais, mais où je vais, ce à quoi je répondrais demain, et par la plus longue déroute.
Gab
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C'est fou, comment chacun de tes mots fait l'effet d'une claque, chaque tournure de phrases, chaque phrase. Continue, continuuuue!
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