"L'apparence n'est rien, c'est au fond du coeur qu'est la plaie" Euripide

lundi 5 août 2013

Ouvrir la porte sans bruit




Je ne veut plus
De tes paroles vides de sens
De tes défauts de présence
Tout juste en post-adolescence
Dans ton absence en permanence
Je vois que j'ai grandi
Les matins ou je me lève
Sans avoir assez dormi
Pour aller affronter
Le brouillard aux lèvres
La salve des inconquis
Sans espoirs ni rêves
Ceux dans lesquels bout la sève
Des révolutions meurtries

Je ne veut pas 
Te prendre pour un con
d'un retour en arrière
Je n'ai pas l'ambition 
De franchir ces barrières
Quand on pourrait seulement
Ouvrir la porte sans bruit
Observer l'avancement des ans
Sur nos visages sans mépris
S'avancer doucement 
Essayant de ne pas froisser autrui
S'aimer un peu enfin
A corps et à cri
Quand s’emmêleraient nos mains
Telle la vie qui nous lie

Je voudrais simplement
Dans le silence des nuits
M'endormir tranquillement
Dans le creux de ton lit
Entre toi et le ciel
T'imaginer en paix
En un songe iréel
En toute humanité
Te retrouver heureux
Nous découvrir sereins
S'aimer, mais en mieux, 
Continuer le chemin
Un peu moins vite mais mieux,
Et tellement plus loin. 


mardi 30 juillet 2013

La lettre à Elise

"La muerta es una calle sin salida" - La mort est une rue sans sortie.

" Tu nous entends la mort ? Est ce que tu nous entends ? Si oui, saches que déjà, on a pas peur de toi. On t'as déjà vu de très très près, on sait à quoi tu ressembles avec ta sale gueule de cadavre et tes griffes gigantesques qui essaient de nous tirer vers toi dès qu'on a un instant de faiblesse. Mais c'est pas parce que tu nous fait pas peur que tu peut pas aller te faire enculer bien profond, t'entends ? Parce qu'on a pas besoin de toi, ni aujourd'hui, ni plus tard, parce qu'on sait que parfois tu préviens pas avant de débarquer mais là c'est pas pareil, t'as pas le droit d'être là, de nous prendre, de nous emmener, t'as pas le droit de faire ça. De nous voler notre jeunesse. Parce qu'on est des gamines encore. Parce qu'on l'a pas mérité ce qui nous arrive. Parce que c'est pas de notre faute.
Mais tu sais quoi, vas te faire foutre la mort, on veut pas de toi, tu peut aller te faire voir ailleurs, très loin, chez les vieux, les miséreux, ceux qui n'ont plus que leurs cheveux blancs et l'attente de crever tranquillement dans tes bras. Alors perds pas trop ton temps avec nous, parce que même si tu nous as beaucoup affaiblies, avec tes copines l'angoisse et la dépression, on ne baissera pas la tête une nouvelle fois encore, on ne se laissera plus faire si facilement. Alors oui c'est vrai, encore une fois on va devoir tout reprendre à la case départ, mais nous on a ce truc que toi t'as pas, qui s'appelle l'espoir et qui vas nous permettre de continuer la bagarre encore longtemps. Faut qu'on te dise quand même, tu fais chier la mort, tu fais chier, parce que sans toi et tous les trucs ignobles que tu impliques, on avait tout, tout pour être heureuses. Mais on le sera à nouveau, j'en suis certaine. Quand on t'aura enfin déglingué définitivement, quand on t'aura sorti de nos têtes, quand on aura rattrapé la vie que tu essaies de nous voler. Des fois on a envie de te gueuler dessus, de te hurler, de te crier, mais enfin, pourquoi tu t'acharnes sur nous, sale pute ? Tu crois pas que tu fais déjà assez de mal comme ça ? C'est ça ton kiff, ton trip, c'est ça qui te fait prendre ton pied ? Tuer impunément, comme ça, des gosses perdues qu'ont rien demandé, des âmes perdues qui tentent juste de retrouver un peu de sérénité. Mais promis juré, on se laissera pas faire. C'est fini maintenant les conneries. On te le redis une dernière fois: tu peut aller te faire foutre. De nos cendres nous renaîtrons, et si derrière toi tu laisses des plaines et des ruines dévastées, sur celles ci se dresseront de vaste champs d'amour et d'espoir.  "



Parce que j'ai rencontré la vraie Elise de la lettre et c'était sans doute la plus belle et la plus triste personne de la terre. 


La Lettre à Elise- Beethoven


mercredi 24 juillet 2013

Un bon début




Tu crois qu'il pense quoi de toi en même temps ? Regarde toi, t'es pitoyable, tu te conduis comme une petite pute. Si tu veut avoir une chance de le retrouver un jour il faudrait arrêter de coucher avec tous les types que tu croises, ce serait déjà un bon début. Cesser de prêter ton lit aux inconnus de grand chemin, à n'importe qui, n'importe quand. Il faudrait arrêter de fumer, mais sans grossir. Il faudrait dormir un peu plus, faire des nuits complètes, se coucher à des heures décentes, se lever avant 16 heures. Arrêter de manger de la merde, de te maquiller comme un camion volé, de chialer pour un oui ou pour un non, le soir quand t'es bourrée, le lendemain matin quand t'as honte. Faudrait d'ailleurs penser à arrêter de boire, de se mettre des taules, des mines, des caisses, les pires cuites du monde, faut arrêter de te déglinguer. Puis tu devrais essayer de sortir toutes ces choses qui te tourmentent de ta tête, les poser sur un papier, les écrire, les dessiner. En parler. De te sortir de ta merde, de tes idées noires, tes souvenirs tristes. Il faudrait aussi faire du sport, trouver des opinions politiques, et quelque chose pour lequel tu pourrais te battre. Aller voir ta mère plus souvent, elle est toute seule tu sais, toute seule. Téléphone lui au moins. Il faudrait trouver un travail stable, avoir des revenus réguliers. Économiser. Prendre un appart, passer ton permis, devenir quelqu'un de respectable. Arrêter de fumer des joints toute la journée. De traîner dans des lieux étranges avec des personnes bizarres ou de squatter chez des gens que tu connais à peine. Il faudrait te faire de vrais amis, des personnes de confiance. Retrouver un peu espoir. 

 Il faudrait que tu lui montres que tu l'aimes, je sais pas comment, mais il faudrait. Peut-être qu'il faudrait que tu lui écrive, que tu lui hurle, que tu le lui glisse quand tu le croises dans un couloir, que tu le peigne sur les murs de chez lui, que tu le dessines dans le ciel. Ce serait un bon début. 



dimanche 21 juillet 2013

Le Mal du siècle




Dans la main droite, un joint qui se consume
Dans un recoin du crane, l'esprit qui s'embrume
Souvent le rouge aux yeux, la jeunesse s'affole, 
Brule du feu de la vie attisé par l'alcool
Boit dans une grande danse désincarnée
Le gigantesque ballet des camés oubliés

Humains si jeunes, déjà désenchantés
Se cherchent dans les nuits sombres des raisons d'exister
Comme dans leurs addictions un moyen de s'échapper
Ils sont les cancres de l'époque qui se saisissent de l'encre
Tentent de réécrire leur sort loin des nombreux esclandres
Mais fumant en chemin se réduisent en cendre...

Dans un bar puis un autre, sècher ses larmes
Sur une épaule qui s'attardera peut être sous le charme
Il n'est pas difficile de faire baisser les armes
A une ame esseulée assaillie par l'ivresse
Quand dans les heures du soir ils frisent l'aliénation
Dérisoire parait parfois tout espoir de guérison



lundi 15 juillet 2013

Disparue, envolée, libre et triste...




"Reviens vite et heureux",  elle lache ça dans un soupir. "S'il te plait, ne tombe pas amoureux de quelqu'un d'autre" dernier sursaut d'égoïsme avant de tourner le dos à un an de patient oscillement entre l'espoir et la crainte. De qui pourrait-il bien tomber amoureux ? Sans doute n'importe qui. Une fille jolie, marrante, qui s'appellerait Kelly ou Valentine, qui serait souriante et gentille. Une fille qui ne se mettrait pas à pleurer au bout de trois verres de vodka quasiment systématiquement. Une fille qui boirait de la bière et du café comme tout le monde, avec qui il pourrait aller au cinéma, parler de littérature et la présenter à ses amis. Une fille qui habiterait ici ou dans le bled à côté, pas une espèce de manouche sans toit, qui se ballade sac au dos, parfois pieds nus, qui n'a pas d'amares, pas d'attaches et qui peut disparaitre du jour au lendemain pendant plusieurs mois sans donner de nouvelles à personne... Pas une fille comme elle.
Il fait déjà jour à 5 heures quinze du matin. La ville est silencieuse. Elle est partie sur la pointe des pieds, dans un souffle, sans réveiller personne. Dans quelques heures, au réveil, qui sait peut-être que quelqu'un s'inquiétera. Peut-être lui sera t-il reconnaissant tout de même de lui avoir épargné des adieux pénibles et douloureux, toujours décevants pour elle. Toujours tristes. Elle est partie également car il commencait à être tôt et elle ne voulait plus attendre. Constamment portée par un flot de courants contradictoires, elle était toujours en perspective de fuite et ne savait pas patienter.
"Mais toi je t'attends pourtant...Et ça fait un an. Sauf qu'aujourd'hui tu vois, je n'ai plus vraiment le temps de t'attendre. Attendre c'est bien quand il y a de l'espoir, sinon ça ne sert à rien. Toi tu n'en as jamais eu, moi je n'en ai plus, alors à quoi bon ? Je crois que l'amour nous met des œillères. Enfin "nous"...façon de parler. En me voilant les yeux j'ai accepté pas mal de choses sans broncher. Parce que je t'aime et que j'ai promis que je serais toujours là pour toi. Mais est ce que ça compte ça maintenant? Et puis est ce que ça t'aide vraiment que je sois toujours là pour regonfler ton ego quand tu en as besoin? C'est rassurant de savoir que quoi qu'il arrive et quoi que l'on fasse, une personne nous aimera toujours inconditionnellement  Et c'est exactement pour ça qu'on se permet de dépasser les limites. Mais regarde moi, si tu arrives à de détacher de ton reflet espèce de prétentieux, regarde moi un peu. Les limites arrivent. Je suis brisée, je n'en peut plus. Loin de toi je suis emplie de nostalgie mais en ta présence je suis triste. Tes gestes sans précaution, des sautes d'humeur, tes regards qui s'en foutent, et mes yeux qui disent "aime moi un peu" dans une larme que tu n’apercevras sans doute pas. Je n'ai jamais compris pourquoi tu avais voulu me garder auprès de toi. Tu disais qu'on ne serait jamais amis, qu'on était pas fait pour ça mais pourtant tu ne voulais pas me lâcher complètement, définitivement... Aujourd'hui je commence à me dire que ce n'est qu'une autre facette de ton égoisme. Et petit à petit je crois que tu es en train de me perdre. Je suis libre après tout. Triste, mais libre. Tu ne m'aimes plus. Je m'en vais."

Elle s'avance sans bruit dans la jungle urbaine qui se réveille calmement. Le ciel est encore un peu rose. Que se dira t-il en découvrant ses draps vides ? Disparue, envolée...


dimanche 7 juillet 2013

Deux âmes en accord ou deux amants en corps à corps



Qu'est ce qu'on a encore fait ?
Est ce qu'on peut accuser l'alcool, la drogue, la chaleur ou la fatigue pour nos actes? Est ce qu'on avait besoin d'être bourrés pour faire ce qu'on a fait ? Disons le autrement, l'aurai t-on fait sobre ? Se réveiller le matin la tête en vrac, dans des draps sales en ayant mal au dos, sans aucun souvenir de la veille. Les doigts enchevêtrés dans d'autres qui ne sont pas ceux qu'on voulait. Parce qu'on s'est loupés sur toute la ligne, quand ceux qu'on aime sont à des centaines de kilomètres, on essaie de se trouver d'autres bras, d'autres bouches à aimer mais on a plus aucun espoir.  C'est pas parce qu'on ne se deteste pas ou qu'on n'est pas amoureux qu'il y a de la place pour l'amitié. Et c'est comme ça qu'on reste vides, à force d'accueillir momentanément les âmes, sans leur faire de place réelle. Des grands garçons passent, piétinent un peu sur leur passage et déménagent aussitôt. Se confondre avec un autre l'espace d'un instant dans des étreintes brèves et décevantes, se permettre parfois d'y humilier des années d'amitié qui valaient bien mieux. Parce que c'est pas comme si on se contentait de dormir avec des inconnus, des gens de passage, sans blesser personne. Pour une caresse, un geste déplacé, on arrive à rabaisser ce qu'on construit depuis longtemps avec des êtres qu'on apprécie au rang de rapport désuni entre deux corps. Tant de pertes pour si peu, des grimaces gênées, des lendemains sans aveux... Et ça peut aller très loin. Car personne n'a de respect pour des gosses qui n'en ont pas pour eux mêmes et personne ne les aidera à en avoir. S'installe alors la censure qui use patiemment les consciences au point de les rendre honteuses d'elles-mêmes. On ne sait plus trop qui on est, partagés par trop de courants contraires. Les gens qu'on aimait ne nous aiment plus. Alors on continue à essayer de fuir. Mais c'est sans fin. 



samedi 6 juillet 2013

Mélodie d'un début d'été




Faudrait qu'on s'casse
Loin de se caser, petit voleur je t'emmène
On a pas besoin d'être adulte ni même que l'été revienne
Seulement 3 sous et un peu d'herbe dans les poches
On s'en va sans claquer les portes
Sans en faire tout un cinoche

"Alors c'était comment ?"
Le sourire jusqu'aux oreilles, le regard insolent,
Ils attendent tous que je craque, que je lave le maquillage,
Que devant eux enfin je montre mon vrai visage
Il ne veulent plus m'entendre dire "ici tout va bien"
Quand ca sonne si faux, si lointain

Je t'ai vu te retourner
Les yeux qui ne cherchent pas à rester
Juste un geste pour embrasser les bris de notre amitié passée
Dans l'absence d'une conscience ou de quelqu'un à protéger
Trois pas plus loin
La page est déjà tournée.


samedi 15 juin 2013

Les contes de fées




Derrière nos remparts de papier ou l'on s'est abrités pour écrire
Se trouve l'escalier menant à la porte de nos souvenirs,
Des piles de fripes, des bribes d'écrits, des bruits de rire,
Des mots d'amour dans du cachemire et nos erreurs dans des soupirs 
Le spleen en fer de lance quand tu ne fais plus acte de présence
Je m'apprête à ranger notre idylle par souci de bienséance
Au sein de ton absence notre amitié est elle mirage ou vérité?
Tu sais que je suis terrifiée mais également que j'y suis habituée
Au fil des années la peur a pris le temps de m'apprivoiser
Dans le noir de mes déprimes quand tu m'appelles tu m'assassines,
Classée sans suite par faute de preuves hormis celles que j'imagine
Sans trop de soucis on chemine tant qu'on s'évite au gré des vents
Mais on sait que l'on s'abime si on se croise même un instant
Ils sont loins les soirs d'été à regarder le firmament
Pourtant on s'est aimés, ensemble on a été vivants
Difficile de s'en rappeler quand on se déchire calmement
Ca prend du temps de ne plus se sentir coupable,
Même de crimes seulement commis par les heures indésirables
De ne pas se sentir jugé quand on met cartes sur table
Qu'on essaie de parler même si ca ne nous rend pas aimable
Bientot un nouveau juillet qu'on espere tous meilleur
Au souvenir du dernier du verre se plante dans mon coeur
Dans nos années passés il est vrai beaucoup de bonheur 
Mais tant d'erreurs à regretter souvent au rythme de mes pleurs
Les tiens se sont apaisés je dirais courant novembre
Quand sans doute lassé tu a commencé à comprendre
Qu'apprendre ça se méritait et qu'il n'y avait finalement pas de légende
Les gens qui se rencontrent en soirée et dix ans après se marient
C'est seulement les contes de fées, ça ne compte pas dans la vraie vie
Cela tu me l'as appris dans tes nouvelles résolutions
Il s'est bien vite achevé le temps de la révolution
Pas de résurrection, je finirai par l'admettre
L'absence remplacera le paraitre et me rendra à mon mal-être
Puisqu'on ne peut pas renaitre sans passer par la fenetre
Ne pas mettre ses pieds dans le vide, c'est dangereux,
On ne rigole pas avec la vie même si on ne veut pas mourir vieux
On voit les gens partir, on ne s'est toujours pas quittés
On a pris nos distances mais on ne s'est pas séparés
Malgré la tournure que ça prend ça reste dur d'abandonner
Laisser des pans de nos vies dans des endroits desertés
Dire au revoir à des amis, faire ses valises et s'en aller
Deux ans plus tot, tu me demandais du tabac pour la première fois
Qu'est ce qui aurait changé si je t'en avais donné ce jour là? 





lundi 10 juin 2013

Heart like a lion



Comment tu fais toi pour partir sans te retourner à chaque fois sans voir que moi je suis restée arrêtée à l'endroit ou tu m'as laissée cherchant désespérement ton regard, prète à me jeter à tes pieds. Si seulement une fois tu te retournai, tu me verrai, la les bras ballants et les yeux pleins de flotte, est ce que ça te ferai rester ? Est ce que c'est pour ça que tu ne te retournes jamais, parce que tu as peur de ne plus vouloir partir ? Ou est ce que c'est seulement pour te casser le plus loin possible de moi, tel le bourreau délaissant sa victime? Tu es la seule chose pour laquelle j'attend, la seule personne que je ne peut me résoudre à perdre, la dernière cause de mes insomnies. J'ai délaissé tout le monde, je suis partie sans dire au revoir, comme une voleuse, et d'ailleurs ils m'ont tous oubliés. Je reviens tel un fantôme, je traverse ces rues dans lesquelles j'ai vécu de nombreuses années, et je te cherche encore partout, à chaque détour. Toi tu ne me cherches pas, tu me donnes rendez-vous, sans haine ni hate, tu me donnes les nouvelles et tu repars silencieusement comme à chaque fois. Les autres survivent tranquilement dans la torpeur de l'été qui tente de s'installer. Leurs vies sont défaites, et je ne fais que leur rappeler de mauvais souvenirs. Mais je continue à revenir même si pour moi tout est fini, ou presque. J'ai encore de l'espoir tu comprends. L'espoir qu'un jour tu te retournes pour me regarder, et que tu ne partes pas.

Ca fait longtemps que je t'attend tu sais. De la patience quand il s'agit de toi j'en ai plein, mais ça use et tu le sais. Je voudrais arrêter de te mentir pour une fois et entendre ta réponse à tout ce que je garde en moi depuis trop longtemps. Je ne vois plus que deux possibilités. La première est presque inimaginable. Qu'on soit tous les deux sur la même longueur d'ondes et qu'on écrive à nouveau ensemble des lignes qui parlent de liberté et de révolution, ces mots qu'on aimait tant. La deuxième est ma préférée, une technique rodée depuis des dizaines d'années : la fuite. Ce que l'on a tenté de reconstruire est un échalas de faux-semblants, même si nos deux âmes liées restent les mêmes dans leur étreintes brèves qui n'existent quasiment plus que dans mon esprit. Il faut être deux pour se remettre au travail encore. Si tu persistes à me laisser seule, je serais obligée de partir. Et comme tu ne te retourneras pas tu ne pourras pas le voir. Il ne te resteras que les photos, les dessins et la tristesse que j'ai semé sur mon passage.


jeudi 23 mai 2013

Question d'amour et d'espoir




Tu es sur ce lit d'hopital en ce moment, et moi j'ai fui encore une fois. Tu m'as appelé pour m'annoncer la nouvelle et quelques heures plus tard ma décision était prise: j'allais partir. Rien ne m'y obligeait, on n'était que mardi, j'étais en congé jusqu'à dimanche. Pourtant je me suis sentie acculée, au pied du mur, et dans la frénésie d'un départ immédiat. Le temps de boucler les valises et j'étais à la gare en direction de Rouen. Alors que rien ne m'attendait j'étais pressée d'arriver ailleurs. C'était juste ça le problème : ne plus être ici. Je sentais déjà que j'étais en train de m'endormir à force de fumer et de boire tous les soirs avec les gens qui passaient me rendre visite. C'était souvent les mêmes. On consommaient toujours les mêmes alcools, rhum, vodka-redbull, bière, vinasse à 2 euros chez le rebeu. Au début ce sont des moments agréables mais je m'en lasse très vite. Les conversations des gens bourrés ne m'amusent plus, j'ai mal au ventre, au crane, mon appart est vraiment très sale et personne ne respecte les lieux, beaucoup d'alcool est renversé, les murs sont abimés, le chat se cache ou sort dans la rue quand les gens arrivent. J'en ai vraiment marre que personne ne respecte un endroit ou ils sont invités. Le lendemain je me réveille dans un appartement dégueu et triste qui ressemble à Bagdad. Parfois j'ai beaucoup de mal à m'endormir dans l'odeur de cendrier et dans mes draps sales. C'est en partie à cause de cela que je suis partie, cette ambiance malsaine qui m'engourdit, me rend apathique et presque malheureuse. J'ai trop besoin de vivre et près de Paris j'étouffe. J'ai perdu mon espoir trop de fois dans ces rues. J'ai besoin d'ailleurs pour oublier toutes ces plaies qui ont torturé mon coeur si longtemps. Mais j'attendais de te voir avant de partir. Toi qui t'inquiètes tant pour moi, n'osant troubler le calme de mon exil pour prendre des nouvelles, respectant mes silences comme autant de promesses, et calmant tes peurs en espérant mon bonheur. Tu le sais quand tu me vois que je vais mieux, et je te suis tellement reconnaissante d'être parvenue à accepter mes choix même si ils t'effrayaient et d'avoir eu confiance en moi quoi qu'il arrive. Je voulais te voir et partir juste après t'avoir rassuré. Te dire que je vais bien et que je suis heureuse là bas maintenant. Que tout ça c'est aussi un peu grace à toi parce que c'est toi qui me l'a donné cet amour de la vie même si on ne l'a pas vécu de la même façon. C'est toi qui m'a appris le respect et le gout de la paix. Je ne cesse de penser à toi ces derniers jours. Ton arrivée précipitée aux Urgences a fait trembler quelque chose en moi qui m'a fait très peur. Je ne me suis pas sentie capable de rester plus longtemps pour te voir. Tu ne me l'as pas proposé. J'ai décidé de partir à Rouen, une ville vierge de souvenirs, ou je pourrais faire une escale en paix avant de retourner dans mon nouveau paradis. J'aimerais appeler 10 fois par jour pour savoir comment tu vas mais j'ai peur de te déranger ou que tu n'aies pas envie de me parler. J'ai tellement peur pour la suite. Comme on m'a souvent dit, il est difficile d'aimer une femme qu'on ne peut ni aider, ni changer, ni quitter. 
Je suis désolée d'avoir fui. 




mercredi 22 mai 2013

Nos souvenirs sont le revers de nos espoirs











Un de mes endroits préférés au monde













Oh les beaux jours... C'est vrai que sur les photos on a l'air heureux, qu'on était splendides à cette époque, quoiqu'un peu maigres, certainement un peu fatigués. Ce qui ne se voit pas c'est que malgré les sourires, pour certains nous étions nombreux à être à la dérive.




Les hommes de ma vie

jeudi 9 mai 2013

La noblesse de l'échec



Pas ou peu d'étoiles ce soir, l'espoir, comme le coeur, en bandoulière, et quatre whisky-coca qui virevoltent allègrement dans mes veines. C'est ce qu'il faut pour garder le cap parfois, quand certains démons du passé retrouvent nos traces alors qu'on était persuadés d'être bien cachés. Je pensais être partie depuis assez longtemps et assez loin, après tout ça faisait deux ans. Deux ans c'est long, il s'en est passées des choses depuis. Je garde bien à l'esprit qu'à l'époque j'étais jeune, trop jeune pour voir fleurir les chrysanthèmes sur une tombe que je n'étais pas prête à creuser. 
J'ai commencé petite, je suis pour ainsi dire née à cheval. Bien avant l'alcool j'ai très vite été entrainée par l'ivresse de l'équitation. Sans savoir que pas à pas je dressais mon chemin de croix parmi des âmes esseulées, fuyantes. Dans la relation à l'animal j'ai trouvé du confort et de la paix pour mon esprit désillusionné par la manière dont se tissent les relations humaines. C'est vrai qu'on a été tellement déçus, nous qui attendions tant de la vie. On s'est vite rendu compte de beaucoup de choses, de comment les gens étaient des chiens hypocrites qui ouvraient rarement les bras par exemple. Je ne sais pas pour les autres, mais je me rappelle que j'ai beaucoup cherché, tenté de trouver une issue dans les impasses ou je me trouvais, mais c'était impossible; parce que personne ne pouvait comprendre. Tant de fois j'ai cru que je ne serais jamais bien que là haut, sur le dos de mon cheval, au grand galop dans les champs ou sur un terrain de pony-games, fous de liberté qu'on était. On arrivait plus à se satisfaire de rien, et pendant des années on a continué comme ça, à plein régime. 
Au final, j'ai conscience que rien ne m'a fait autant souffrir que ce que je considérais comme mon salut. Les chevaux, ces animaux imprévisibles, fragiles comme un souffle, ces putes. Je traine mes chimères à ma cheville, autrefois miracles, aujourd'hui cauchemar. J'ai vu se détruire des paradis sous mes yeux. J'ai gravi des montagnes pour les redescendre en totale chute libre. J'ai échoué durement, puis j'ai baissé les bras. Quand on m'a retiré les chevaux, non seulement j'ai arrêté de marcher droit mais je n'ai plus marché tout court, car mon coeur était trop lourd sans aide pour le porter. Il m'a fallu deux ans pou m'en remettre. Aujourd'hui cela me pèse encore. Isidore, Kiss et Kelly, autant de plaies qui ne sont pas pansées et encore moins pensées, à cause ou grâce au temps qui coule dessus lentement. C'est très difficile d'assumer l'échec, encore plus de voir disparaître nos compagnons d'aventures. C'est certains qu'ils pèsent bien plus lourd dans mon coeur que dans le camion de l’équarrisseur, recouverts par une bâche pour ne pas choquer les enfants, les yeux éteints et le regard torve, les membres raides, un filet de sang s'écoulant de la bouche et des naseaux. Comment s'en remettre quand on a rien d'autre? Jai choisi de faire comme si rien n'avait jamais existé et je considère encore que c'était la meilleure chose à faire. Puisque les Hommes ne sont que des bons à rien, et que les chevaux sont trop faillibles face à la vie. 
Voilà quelques mois que tout revient à moi par bribes, alors que j'avais bien pris soin d'effacer mes souvenirs les plus durs. La mort de Kelly a marqué pour moi la fin d'une époque, la fin d'un monde dont je n'étais plus prète à tenir les murs en attendant qu'ils s'effondrent sur moi. Peut-être ya t-il une certaine noblesse à échouer, parce que pour ça, encore faut-il lacher prise. J'ai laché quinze ans de ma vie en un instant, sur un coup de fil, parce qu'en quelques minutes, la vie qui me raccrochait à l'espoir s'est éteinte, et je me suis retrouvée perdue dans l'obscurité, sans lanterne ni repères, puisque je n'avais rien ni personne. J'ai trébuché entre temps. J'ai du reconstruire un monde autour de moi. Mais il est difficile de revenir en arrière, de se refaire l'accéléré des événements. Kelly est morte et j'ai assisté à ça les bras ballants, sans me battre parce que j'étais malade à l'idée de la perdre. Dans ma fuite à l'annonce du décès j'ai perdu les personnes qui m'étaient les plus chères, qui aujourd'hui sans doute tressaillent juste en entendant mon nom. Aucune ne m'a rappelée. J'ai pété les plombs et j'ai pris peur. Je n'ai jamais réussi à pardonner au chevaux. 
L'espoir est revenu, mais jamais la passion. Le savoir est resté, mais il ne vaut rien sans motivation. Avec les enfants, j'ai repris gout à vivre et je m'éveille lentement, je réapprend les hommes et aujourd'hui, c'est moi la "monitrice", celle au milieu de la carrière, qu'à mon époque on respectait tellement. Pourquoi j'ai accepté ce poste ? Les frayeurs me reviennent lentement. Kelly et Isidore galopent sans cesse dans mon esprit et ne me permettent plus de répit. Il parait qu'un jour on sera guéri complètement. Il parait. 



Petit Prince


Ma plus merveilleuse déception, mon plus magnifique échec