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mais merde mon ange. je suis trop défoncée. on est dimanche soir. je t'envoie des messages bidons alors que t'es au ciné. j'ai Noé qui se ballade sur moi, être insignifiant et idiot et mignon qu'il est. a remuer ses petites moustaches futiles.il se met devant mes yeux comme si il avait compris que j'allais pleurer. il me tient en éveil tu me diras. je me lève pour le remettre dans sa cage et j'ai besoin de 8 minutes à mon retour sur mon lit pour surmonter l'effort que je viens de fournir. il pleut dehors. j'ai une pote de ma soeur qui dort à la maison ce soir. c'est une petite pétasse de science piste. mes parents lui ont parlé passionnément toute la soirée. ils auraient tellement aimé que ce soit leur fille. tellement. et moi dans tout ça? j'ai réussi à rater un plat de pâtes a l'arrière de la cuisine tandis qu'ils rigolaient dans le salon. petite pétasse de science piste. je les hais tous ces gens imbus d'eux même, c'est pas grâce à eux qu'ils sont là, ils ont juste eu de la chance. ils auraient pu naître en iran ou au soudan. ils ont aucun mérite à me remettre à ma place quand on parle de politique. ces gens vendent leurs âmes au diable quand j'essaie d'éviter des bleus à la mienne, dans quel monde on vit ? ils créent un enfer de tout ce qu'on vit en connaissance de cause ou presque. eux ont reçu l'opportunité de niquer le système de l'intérieur mais ils ont préféré en graisser les rouages. moi j'ai pas eu le courage de me lancer et je récolte les clous, le peu d'attention qu'on accorde au naïf personnel du social qui tente d'adoucir la vie des autres. mais les gens sont malades mon ange, les gens sont fous. c'est pas moi qui devait aller en clinique, c'est l'humanité entière. c'est ces dimanches soirs là que je comprend ce que tu veut dire par "on mérite mieux que tout ça, love, on devrait pouvoir être au dessus." on devrait, ouais, pouvoir s'élever un peu, prendre cette hauteur qui nous manque. l'air doit être bien plus doux la haut. ne pas avoir à verser des larmes à cause de la lenteur des flammes qui nous encerclent. défoncer nos bunkers, nous évader, libres.
mais merde. aller se coucher toutes les nuits en se disant que demain est un autre jour, partir le matin, rentrer le soir, dans la même merde... trouver la montagne sacrée et aller y prier un dieu qui nous ressemble. batir un avenir qui nous correspond, ensemble ou pas puisque c'est dans la solitude que l'on trouve nos forces. mais juste se certifier qu'on est à l'abri loin de leur conformisme terrifiant, de leur morale à deux francs, de leurs camisoles sociales et de toute leur grosse merde d'erreurs qui nous entravent depuis le départ. trouver la bonne voie et puis garder le cap malgré les intempéries. c'est trop tard pour la révolution mais la relève, c'est nous mon ange. c'est nous...
_toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite_
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